A l’UMP, Mai approche, les allergies reviennent !
Les résultats des élections municipales et cantonales commencent à avoir un effet sur la majorité UMP au pouvoir. Si le gouvernement de François Fillon et Nicolas Sarkozy sont restés de marbre, l’UMP commence à remuer. Premier effet public, 20 députés UMP réclament plus de justice sociale dans une tribune publiée par Les Echos.
Bien sur, ce n’est pas Marianne que ces élus ont choisis, mais le quotidien propriété de Bernard Arnault : on a les références qu’on mérite. Et ces gaillards ne sombrent pas dans le pur marxisme, loin s’en faut. Mais leur réaction ne peut s’expliquer que d’une seule façon : ils se sont déjà portés dans l’après Nicolas Sarkozy.
Le texte s’adresse avant tout à l’électorat de droite et centriste, retraités et classes moyennes, et aux élus et décideurs de droite. A l’électorat, on redit son attachement à la tradition gaulliste, celle du peuple.
« … nous devons trouver un nouvel équilibre entre exigence d'efficacité et exigence de justice sociale. »
Aux élus et décideurs, on redit son attachement aux valeurs de droite. On ne braque pas Nicolas Sarkozy en ne remettant pas en cause les réformes misent en œuvre par le gouvernement depuis mai 2007 mais on ouvre une porte de sortie pour l’avenir.
« Nous soutenons la volonté de réforme du gouvernement, mais nous restons très vigilants vis-à-vis du contenu des réformes … »
Manière de préparer l’avenir (le leur et celui du gouvernement), les députés rebelles rappellent que c’est de la faute des autres si la France va mal, pas à la politique qui est menée. La dette et les déficits (les anciens gouvernements), les dépenses sociales (les pauvres, les fonctionnaires) et la contrainte internationale (l’Europe et ces salops d’étrangers) sont les causes de tous les maux de notre pays.
De cette manière, si Nicolas Sarkozy faillit à sa tâche, ils pensent pouvoir se justifier auprès de leur électorat. Et, si Sarkozy réussit, ils pourront se féliciter de l’avoir soutenu.
Ce sont 19 UMP et 1 Nouveau Centre, sur les 334 inscrits des deux groupes, à s’être engagés de cette manière. Ces 20 députés, nullement menacés par une prochaine élection, préparent simplement le terrain de l’avenir, de leur avenir.
Celui qui verra peut-être, semblent-ils penser, Nicolas Sarkozy échouer et sa majorité éclater. Combien viendront bientôt les rejoindre ?
Les Echos
