Paysage politique français : la victoire est dans les chaussettes.
Qu’on parle de la défaite locale de l’UMP ou de la victoire nationale du PS, rien n’a changé dans le paysage politique français. Nous avons toujours un système bipartite.
Oh, je vous vois venir ; vous allez me dire qu’il y a tout plein de jolis partis politiques en France, comme le PC, le FN, la LCR ou LO… Non, je vous parle de vrais partis politiques qui veulent et qui peuvent gouverner, pas des groupuscules dont certains refusent même l’idée de participer à un gouvernement ! Il est plus facile de s’opposer…
Bipartisme, donc !
A gauche, il y a le PS, qui est un parti sans idées (Non, le SMIC à 1500€ n’est pas une idée, c’est un effet d’annonce).
A droite, il y a l’UMP, qui est un parti avec de mauvaises idées (Non, le bouclier fiscal à 50% n’est pas une bonne idée, c’est un cadeau aux amis).
Et ces deux partis se partagent le pouvoir depuis… très longtemps.
Voila à quoi ils jouent ensemble : un type de l’UMP (au hasard, Nicolas Sarkozy) se lève et crie aux français « J’ai une vraiment très mauvaise idée ! ». Alors, un type du PS se lève et crie à son tour aux français : « Et nous avons les moyens de la rendre encore plus merdique ! ».
Tout le monde se satisfait de cet équilibre des forces et du partage implicite du pouvoir. Mais qu’il arrive un trublion qui veut avoir sa part du gâteau et les deux grands partis montent au créneau pour dénoncer l’instabilité qui menace et le retour aux habitudes de la quatrième république. Pauvre MoDem, voué aux gémonies pour des fautes qu’il n’a pas encore eu le temps de commettre.
Pour tempérer les affirmations de l’UMPS, la quatrième république, même instable, a quand même reconstruit la France ruinée par la guerre, participé à la création de l’Union Européenne, commencé la décolonisation et fabriqué la première bombe A franco-française. Pas mal pour un régime instable, non ?
Et le régime stable, il a fait quoi ? A part gérer les affaires courantes ?
Bien sur, la cinquième a eu son lot de dirigeants, des grands qui « mangeaient » pour 5000 F par jour ou des intellectuels qui croyaient aux forces de l’esprit. Des meilleurs économistes de France ont précédés les meilleurs d’entre nous, mais rien n’a changé !
Alors, de grâce, laissez donc le MoDem s’exprimer. Ca ne mange pas de pain, et il pourrait peut être en sortir de bonnes idées que ni la droite ni la gauche ne semblent être capables d’imaginer. Le PS et l’UMP n’ont pas le monopole de la pensée, ça se saurait ! Et ça donnera peut être un avenir à la France et aux français…
Pour finir sur une note joyeuse, avez-vous entendu parlé de ce président de bureau de vote de Perpignan pris en flagrant délit de bourrage d’urne dimanche soir ? Il avait caché des bulletins de vote en faveur du maire sortant UMP dans ses chaussettes « pour ne pas les égarer avant le dépouillement »… Bah, pas grave ! Si Rachida Dati a bien fait son travail, il doit y avoir un procureur compréhensif à Perpignan…
J’espère que ce n’est pas ça l’avenir politique de la France.
Post Scriptum : Je remercie Lewis Black d'avoir été une source d'inspiration pour ce billet.
Photo : Tipoyock