Raffarin veut aider le petit commerce.

Publié le par Didier B

Jean-Pierre Raffarin est l'exemple type de l'UMP basique qui, espérant régler un problème, en crée un autre bien plus gros. Ça dernière sortie est de taille : pour contrer les effets pervers de la LME (Loi de Modernisation de l'Economie) qui, selon lui, favorise les grandes surfaces, il propose de supprimer les "charges sociales" sur le premier employé dans les commerces de moins de 300 m².

D'abord, il commet une faute de langage énorme en utilisant l'expression "charges sociales" plutôt que "cotisations sociales". En aucun cas les cotisations sociales ne sont des charges puisqu'elles contribuent au fonctionnement de notre système de protection sociale (maladie, retraites, etc.). Salariés et entreprises ne font que contribuer justement à ce système, Encore une fois, une entreprise profitant de l'ensemble du système au même titre que les salariés, elle se doit d'y contribuer.

Ensuite, il dit une grossièreté en direction de son propre camp. La LME est censée résoudre tous les problèmes liés au manque de concurrence en France dans la distribution de détail. Et notre Jean-Pierre voudrait fausser cette belle concurrence en donnant des avantages indus aux petits commerces ? C'est donc que la loi est mauvaise (mais ça, je le disais il y a un moment) ou que Raffarin est anti-libéral. Ira-t-il jusqu'à adhérer au nouveau parti de Besancenot ?

Enfin, et j'ai gardé le meilleur pour la fin, pour résoudre un problème qui risque de se poser (la mort du petit commerce au profit des grandes surfaces) à cause de cette mauvaise loi, il propose de retirer des recettes supplémentaires à la protection sociale alors que l'on sait qu'elle souffre déjà des milliards d'exonérations accordées.
Donc, sous le couvert d'aider le petit commerce, Jean-Pierre Raffarin nous propose de planter une banderille supplémentaire sur l'animal Securité Sociale.

C'est la partie de la loi sur l'implantation des grandes surfaces qui est mauvaise, et c'est elle qu'il faut supprimer, pas les cotisations sociales. De plus, il faut tenir compte d'un pétrole en hausse, ce qui va donc poser un problème pour les plus pauvres, qui n'ont ni voiture ni les moyens de faire le plein tous les jours, alors que l'on sait que les implantations de grandes surfaces se font en dehors des zones urbaines et éloignées des transports en commun.

Mais il ne faut pas nous étonner ; Jean-Pierre Raffarin n'est pas un débutant dans l'énoncé d'une aberration. En fait, je n'en parlerais même pas si une proposition comme celle là n'avait toutes les chances d'être votée si elle prenait la forme d'un amendement.

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Didier Goux 30/06/2008 21:04

Oups ! pardon  : j'oubliais votre savante glose sur les bio (ou agro, ou ce que vous voulez) carburants. C'est-à- dire cette chose stupide, et en effet mortifère, que j'ai entendu défendre mordicus durant un quart de siècle par ces petits jeunes gens politicards qui s'auto-proclament "écologistes". J'attends encore que l'un d'eux (un seul me suffirait...) s'excuse publiquement d'avoir raconter de malfaisantes conneries durant ces 25 années. Je crois que je peux attendre encore.

Didier Goux 30/06/2008 21:00

Ah ! Monsieur (ou Madame ?) Naradamuni ! si je vous tenais à portée, je vous embrasserais, tiens ! Vous avez raison, il faut absolument traquer ce que vous appelez (improprement d'ailleurs) des oxymores, et qui ne sont rien de plus que des impropriétés de langage, ce qui est tout différent. Mais passons.Tenez, j'en ai d'autres :Oublions les "sans-papiers" et réhabilitons le mot juste : clandestin.Remplaçons "jeunes des cités" par... par... Putain, je n'ose même pas le dire !Je m'arrête là : je sens que mes "oxymores" (pardon : "oxymoron", tellement plus grec !) vous déplaisent. C'est dommage, j'en avais encore un sac...

Rébus 30/06/2008 17:56

Le passage de Raffarin a été marqué par une très forte activité anti sociale , masquée par les raffarinades et le côté guignolesque et bonhomme du bossu.En énonçant sa dernière "trouvaille", le baudet du Poitou est cohérent avec lui même

naradamuni 30/06/2008 17:40

"il commet une faute de langage énorme en utilisant l'expression "charges sociales" plutôt que "cotisations sociales"."

Pas une faute car c'est volontairement qu'il le fait comme tout les libéraux économique le font depuis des décennies.

Les innombrables oxymorons qui polluent notre lexique, rendent impossible la pensée.
Ce qui est en jeu ? La réflexion, la liberté et la démocratie :

L’insignifiance investit particulièrement le champ lexical du chômage. Ainsi, l’expression de "demandeur d’emploi" caractérise le chômeur, qui en termes économiques constitue pourtant l’offre de travail. L’employeur, terme qui gomme efficacement les rapports de hiérarchie entre le patronat et la main d’œuvre, propose quant à lui des "offres d’emploi", alors que d’un point de vue économique, il représente la demande de travail.
La demande devient l’offre, l’offre la demande, et le chômeur, de celui qui offre sa force de travail, devient celui qui sollicite l’exploitation de cette force comme un bienfait.
Notons d’ailleurs comme, dans ce contexte, l’idée même d’exploitation paraît saugrenue.
À la manière de la novlangue, le lexique de l’emploi euphémise les rapports de domination en nommant le signifié par son contraire.
Dans le même ordre d’idées, les indemnités chômage, qui représentent la réparation d’un préjudice subi réparation pour laquelle, rappelons-le, le chômeur a cotisé, deviennent allocation chômage, aide généreusement allouée au chômeur... Les cotisations qui constituent un salaire indirect, salaire redistributif destiné à pallier à l’insécurité générée par le statut salarial, deviennent des charges que le chômeur, par son manque d’investissement dans l’effort collectif, fait égoïstement subir à la société, bien qu’en fait, ce soit lui qui paye la note.

« La première victime de la guerre, c’est la grammaire »
« Des villages sans défense subissent des bombardements aériens, leurs habitants sont chassés dans les campagnes, leur bétail est mitraillé, leurs huttes sont détruites par des bombes incendiaires : cela s’appelle "la pacification".
Des milliers de paysans sont expulsés de leur ferme et jetés sur les routes sans autre viatique que ce qu’ils peuvent emporter : cela s’appelle un "transfert de population "ou une "rectification de frontière".
Des gens sont emprisonnés sans jugement pendant des années, ou abattus d’une balle dans la nuque, ou envoyés dans les camps : cela s’appelle "l’élimination des éléments suspects".

Autre exemple :
"Biocarurants" plutôt que "agrocarburants" ?

Biocarburant est le terme officiel. Or, les dépositaires du statut offciel ne sont pas aussi neutres que le laisse penser cette appellation. En effet, il est tout à fait raisonable de penser que le choix de ce mot ne fut pas innocent et que des considérations marketing jouèrent un rôle décisif dans le choix de ce terme. Et vous savez bien qu'à ce niveau, les lobbies ne négligent aucun "détail" pour faire progresser les causes qu'ils défendent ! C'est leur rôle. ce n'est pas le vôtre de faire leur jeu au motif qu'ils ont réussi à imposer leur terminologie aux instances officielles auxquelles il est de plus en plus souvent reprochée leur "porosité" aux démarches de ces lobbies. Lobbies et officiels sont une catégorie de militants eux aussi !

Agrocarburant serait donc une invention des militants anti-biocarburants.
La question à poser n'est-elle pas plutôt : "des deux termes lequel est le plus proche de la réalité ? Lequel est le plus neutre précisément ? Lequel informe le mieux sur la nature de la réalité qu'ils désignent ?

Au fait savez-vous quel est le vrai terme militant pour désigner les agrocarburants ?
Réponse : les nécrocarburants ...

Michel 30/06/2008 16:30

Bien vu .... On tricotte - on "détricotte" .... C'est du n'importe quoi !Ils sont payés CHERS ?