Jean-Pierre Raffarin est l'exemple type de l'
UMP basique qui, espérant régler un problème, en crée un autre bien plus gros. Ça dernière sortie est de taille : pour contrer les effets
pervers de la LME (
Loi de Modernisation de l'Economie) qui, selon lui, favorise les grandes surfaces, il propose de supprimer les "charges sociales" sur le premier employé dans les commerces
de moins de 300 m².
D'abord, il commet une faute de langage énorme en utilisant l'expression "
charges sociales" plutôt que "
cotisations sociales". En aucun cas les cotisations sociales ne sont des
charges puisqu'elles contribuent au fonctionnement de notre système de protection sociale (maladie, retraites, etc.). Salariés et entreprises ne font que contribuer justement à ce système, Encore
une fois, une entreprise profitant de l'ensemble du système au même titre que les salariés, elle se doit d'y contribuer.
Ensuite, il dit une grossièreté en direction de son propre camp. La LME est censée
résoudre tous les problèmes liés au manque de concurrence en France dans la distribution de détail. Et
notre Jean-Pierre voudrait fausser cette belle concurrence en donnant des avantages indus aux petits commerces ? C'est donc que la loi est mauvaise (mais ça,
je le disais il y a un moment) ou que Raffarin est anti-libéral. Ira-t-il jusqu'à adhérer au nouveau parti de Besancenot ?
Enfin, et j'ai gardé le meilleur pour la fin, pour résoudre un problème qui risque de se poser (la mort du petit commerce au profit des grandes surfaces) à cause de cette mauvaise loi, il propose
de retirer des recettes supplémentaires à la protection sociale alors que l'on sait qu'elle souffre déjà des milliards d'exonérations accordées.
Donc, sous le couvert d'aider le petit commerce, Jean-Pierre Raffarin nous propose de planter une banderille supplémentaire sur l'animal
Securité Sociale.
C'est la partie de la loi sur l'implantation des grandes surfaces qui est mauvaise, et c'est elle qu'il faut supprimer, pas les cotisations sociales. De plus, il faut tenir compte d'un pétrole en
hausse, ce qui va donc poser un problème pour les plus pauvres, qui n'ont ni voiture ni les moyens de faire le plein tous les jours, alors que l'on sait que les implantations de grandes surfaces se
font en dehors des zones urbaines et éloignées des transports en commun.
Mais il ne faut pas nous étonner ; Jean-Pierre Raffarin n'est pas un débutant dans l'énoncé d'une aberration. En fait, je n'en parlerais même pas si une proposition comme celle là n'avait toutes
les chances d'être votée si elle prenait la forme d'un amendement.
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