Lycée à la carte...

Publié le par Didier B

Hier, c'était réunion au supermarché EdNat (pour Education Nationale). Si je parle de supermarché, c'est que le discours de Nicolas Sarkozy sur le "nouveau lycée" m'a fait penser à ces rassemblements de responsables dans les enseignes de la grande distribution ou la direction présente ses objectifs et par extension le travail que les petites mains vont devoir accomplir.
Nicolas Sarkozy, le PDG de EdNat, avait donc rassemblé tous ces directeurs de magasin, ses chefs de secteurs et ses responsables de vente divers et variés au siège social pour leur présenter le nouveau Plan d'entreprise et les perspectives à 4 ans.

Ce qu'il faut retenir est simple : résultats, résultats, résultats ! Et sans que cela coute trop cher, bien sur.
Pour obtenir ces résultats, Nicolas veut que les responsables de secteurs suivent deux pistes essentielles pour les collaborateurs de l'enseigne, l'évaluation et la mobilité géographique.
Pour la rémunération, l'enseigne se servira de l'argent économisé sur les plus anciens qui coûtent trop cher (et qu'on fera partir, d'une manière ou d'une autre) pour "redistribuer" aux plus jeunes.
En revanche, la formation interne doit revenir au niveau zéro ; trop onéreuse, inadaptée aux besoins, elle sera remplacée par une formation externe.

Coté clients, les layouts des magasins vont être transformés et les rayons aménagés différemment. On y vendra toujours la même chose mais les modifications visuelles donneront l'impression de nouveauté. Les modifications s'étaleront sur les 3 années à venir (la vente continue pendant les travaux...) pour s'achever en 2012 avec une refonte complète de la Grande Enquête de Satisfaction Clients.
De plus, de nombreux services, qui étaient auparavant inclus dans la prestation, deviendront optionnels, comme la livraison, les caddies, les sacs... C'est le client qui choisira si il en veut !

Enfin, bref... Si vous n'avez jamais assisté à ce genre de pince-fesse commercial, ça vous donne une idée. Et si vous connaissez le principe, ça doit vous rappeler de bons souvenirs, non ?
L'Education Nationale va devenir un hypermarché du savoir, ou les élèves pourront choisir leur voie, comme un client choisi ses produits dans les rayons. Panzani ou Barilla ? Latin ou Russe ? Bien sur, rien ne dit qu'ils seront satisfaits des résultats en quittant le magasin, mais ce n'est pas si grave car contrairement au commerce classique, l'Education Nationale ne souhaite pas que le client revienne faire des achats plus tard.
En gros, le discours de Nicolas Sarkozy était très cohérent, si vous le replacez dans le contexte commercial bien sur.

J'ai tout de même noté une (petite?) incohérence. Le président a fustigé "l'empilement d'options" au lycée, ce qui augmente les coûts et disperse les élèves. Bien. Ca se discute, mais ça n'est pas faux. Le souci est que la solution proposée est d'avoir un lycée "beaucoup plus souple", avec des parcours différenciés et individuels. Un truc avec des options, donc... N'est ce pas un peu la même chose ?

Un lycée à la carte... ça parait alléchant, vu de loin. Il est simplement dommage que, quand tu manges à la carte, tu payes plus cher qu'au menu !

Source Re-source

Publié dans Polémiquons à droite

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Rébus 03/06/2008 18:11

Le but final étant de sacrifier l'école au dogme libéral et de former des employables et non plus d'éduquer, cette carte n'a rien d'innocent

Magali 03/06/2008 12:44

N'oublions pas 'injustice des retraites.----------Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.
1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :
- La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", qui ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros" ( année 2005). Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros.
2/ Sur les dettes de l"Etat :
- Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).
3/ Sur les recettes de privatisations :
- Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.
A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.
4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :
- 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d'euro, au détriment des bénéfices du travail.
5/ Sur les "niches" fiscales :
- 254 "niches" fiscales qui permettent à 3900 gros contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes, une somme supérieure au déficit budgétaire.
Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d'égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l'aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.
A savoir :
1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.
2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d'une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.
Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s'emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.
Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.N'oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.
Pour signer l'appel : http://www.ohfr-redir.com/1434