Samedi 24 mai 2008

François Fillon, en déplacement au Danemark (il a obtenu un promotion de ministre des Affaires Etrangères ?), a fait l’éloge du « modèle danois », notamment dans le domaine de l’emploi et de la « flexisécurité ».
Pour les mal-comprenants ou pour ceux qui ne suivent pas l’actualité, la « flexisécurité » est un néologisme désignant un système social alliant une grande facilité d’embauche et de licenciement pour les entreprises et une indemnisation longue et importante du chômage pour les salariés.

 

Avec un taux de chômage de 1,8%, le Danemark est le bon élève de l’Union Européenne et tout le monde s’accorde à dire que ce taux n’a pu être atteint que grâce à la « flexisécurité ».
Celle-ci permet à un chômeur danois d’être très bien indemnisé et sur une longue période. En contrepartie, le chômeur indemnisé doit effectivement chercher un nouvel emploi et doit, le cas échéant, accepter les formations qui lui sont proposées.
Ces formations ne sortent pas d’un chapeau de magicien ; elles sont créées en fonction des informations communiquées par les organisations patronales et liées aux besoins réels des entreprises. En effet, avec un taux de chômage très bas, le Danemark fait face à des pénuries structurelles de main d’œuvre et les formations obligatoires permettent d’orienter les chômeurs de longue durée dans des secteurs demandeurs, en leur donnant les connaissances nécessaires.
En outre, si le chômeur ne fait pas de recherche « active », il est soumis à des sanctions financières pouvant aller jusqu’à la suppression de ses indemnités. Dans l’ensemble, il s’agit d’un rapport gagnant-gagnant.

 

C’est un système comme celui-ci que Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs prétendent vouloir mettre en place en France. Parmi les premières mesures qui tendent vers la « flexsécurité » sarkozyenne, on peut citer la fusion ASSEDIC-ANPE, qui tentera d’imiter la gestion unique du ministère du travail danois (qui contrôle directement l’ensemble du processus de formation-indemnisation-sanction).

 

Mais les réformes françaises sont loin d’atteindre le niveau de leurs équivalents danois. Quelqu’un a-t-il entendu Nicolas Sarkozy ou un membre du gouvernement parler de l’augmentation des indemnités chômage ? Ou de la mise en place, en collaboration avec les partenaires sociaux, d’un système de formation adapté aux besoins des entreprises en France ? Non ! En France, l’actuel gouvernement est concentré sur les sanctions qui, dans un vrai système de « flexisécurité » ne sont que la contrepartie de l’indemnisation généreuse et de la formation assurée.

 

Le gouvernement semble uniquement préoccupé par les baisses d’impôts au bénéfice des plus riches, ce qui va à l’encontre même du modèle social danois où les impôts sur tous les revenus (62% de taux marginal) et la TVA (25%) financent le système de protection sociale.

 

Ce que le gouvernement Fillon, sous l’impulsion du néo-con Sarkozy, nous prépare, c’est un joli système de « flexisanction » à la française. Flexibilité pour les entreprises et sanction pour ceux qui auront le malheur d’être licenciés. Et même en faisant appel à toute mes capacités intellectuelles, je ne suis pas sur qu’un tel système permettent de réduire le chômage autrement que sur le papier.

Par Didier B - Publié dans : Polémiquons à droite - Communauté : Les Blogs Sarkostique
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