Parkinson, Peter et les 35 heures.

Publié le par Didier B

Ah, les 35 heures… Ca fait parler ! Patrick Devedjian, par exemple, qui n’hésite pas à annoncer la suppression de la durée légale du travail, alors même que personne ne lui demandait rien, et surtout pas Nicolas Sarkozy, si fier de son dispositif d’heures supplémentaires détaxées et défiscalisées. Parce que, braves travailleurs, il faut tout de même vous le rappeler, si la durée légale du travail disparaît, les heures supplémentaires disparaîtront aussi. J’avais évoqué cette hypothèse dans un billet du 27 mars.

 

Alors, Patrick Devedjian a-t-il été un peu vite en besogne ? Où n’est-il qu’une sonde, destinée à prendre la température de l’opinion publique ?

Peu importe car, pour l’instant, la seule réforme à laquelle le gouvernement peut se raccrocher pour justifier de son action sur le pouvoir d’achat est justement celle sur les heures supplémentaires et il ne peut pas s’en passer.

D’ailleurs, c’est tout l’objectif de Xavier Bertrand lorsqu’il annonce que des aménagements interviendront en 2009 pour permettre aux entreprises de fixer elles-mêmes leur contingent annuel d’heures supplémentaires. Actuellement, sauf accord d’entreprise, le contingent maximal est de 220 heures par an et par salarié. On ne touche pas (pour l’instant) à la durée légale du travail, mais on autorise les entreprises à aller très loin au delà.

 

Pourtant, 220 heures, ce n’est déjà pas si mal puisque cela représente environ 4,7 heures potentielles par semaine et par salarié. Et travailler plus peut poser des problèmes graves.

 

Pour s’en convaincre, l’UMP et le gouvernement devraient s’intéresser à la « loi de Parkinson ». Cette loi, démontrée par C. N. Parkinson en 1958 dit en résumé qu’accomplir une tâche nécessite toujours le temps dont on dispose pour l’effectuer. Par exemple, si une tâche demande 4 jours de travail à 1 personne, on pourrait croire que la même tâche demandera 1 jour de travail à 4 personnes. Pourtant, l’observation démontre que, quelque soit le nombre de personnes affectées à la tâche, le délai maximal pour l’effectuer est toujours totalement utilisé. On perd simplement plus de temps en préparation, réunions et autres petites choses du même genre.

Donc, selon cette loi, si un travail demande 35H00 et que l’on passe à 39H00 grâce aux heures supplémentaires (ou par disparition de la limite légale), un employé utilisera les 39H00 disponibles pour réaliser la même tâche qu’avant en 35H00. L’inverse doit aussi être vrai, ce qui expliquerait pourquoi la productivité moyenne des français est si élevée en Europe.

Il ne faut donc pas supprimer les 35H00, cela serait même contre-productif.

 

Mais bon, on ne peut pas demander au gouvernement et à Nicolas Sarkozy de tout savoir, n’est ce pas ? D’autant que le gouvernement resserré de 38 ministres semble entrer dans le champ de cette loi qui démontre aussi que ce n’est pas parce qu’on est nombreux à faire quelque chose qu’on le fait plus vite (et mieux)…

 

Dans tous les cas, il y a une loi qui parait coller au gouvernement comme une seconde peau, c’est le « principe de Peter » et particulièrement son corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité ». Etonnant, non ?

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Olive 21/05/2008 14:11

Oui je suis d'accord, supprimer les 35h serait contre productif, car les pays voisin travaillant 40h ou plus en fait sont moins productifs.Puis finallement, nous ne sommes pas le pays travaillant moins, car les USA bossent en moyenne 32h !!!

p. 21/05/2008 12:28

Ils ne vont pas modifier la durée légale du temps de travail mais démanteler les 35H, branche par branche, entreprise par entreprise.Et Devedjan sera sûrement récompensé pour être allé au casse-pipe!

pas perdus 20/05/2008 23:06

Tout ça est très bien dit... 

Didier Goux 20/05/2008 20:53

Cher Nicolas J (que je n'ai pas le bonheur de connaître, une démonstration (sauf en mathématique, et encore) est toujours "parable"...

Didier Goux 20/05/2008 20:52

Les 35 H, c'est un peu le mantra de la gauche (enfin, leur maintien).