A la pêche aux aides d'état...

Publié le par Didier B

Aux Sables-d'Olonnes, des pêcheurs bloquent les accès maritimes au port et installent des barrages sur des ronds-points alentours. Ils empêchent le libre accès au port ou à la mer à d'autres pêcheurs et aux plaisanciers. C'est curieux, mais je n'ai pas entendu parler d'une intervention de la police dans ce cas manifeste d'entrave à la liberté du travail et à la liberté de circulation (qui s'applique aussi sur les eaux...).

Les marins-pêcheurs partagent avec les chauffeurs de taxi et les chauffeurs-routiers le droit inaliénable de faire chier le monde en toute illégalité sans que le gouvernement ne fasse rien, contrairement aux enseignants qui eux se contentent d'exercer leur droit de grève et se voir lancée dans la gueule une jolie loi qui les en privera indirectement.

Mais pourquoi donc ces pêcheurs sont-ils donc en colère ? Parce qu'ils payent le gazole trop cher et que leurs bateaux ne sont plus rentables. Pour information, le prix du gazole pour les pêcheurs est subventionné par l'état et leur coûte 0,70 € le litre (cf : Ouest France). Donc, les pécheurs réclament une aide supplémentaire de l'état pour pouvoir continuer à travailler.
Alors je me pose cette question : pourquoi faire ? Pourquoi continuer à travailler si c'est pour le faire aux dépend des contribuables français et les faire payer 2 fois leur poisson ?

Parce que c'est bien de cela dont il s'agit... Si l'état venait à compenser la hausse du prix du gazole pour les pécheurs, les contribuables payeraient leur poisson au travers de leurs impôts ET à la caisse de leur poissonnerie. Que devront penser les quidams non-pécheurs qui payent leur gazole aux alentours de 1,38 € ? Comment vont-ils rentabiliser leur travail ?

Et si tout l'argent qui a servi à financer les bas prix du gazole toute ces années, pour les pêcheurs (ou les transports routiers), avait été utilisé autrement ?
Depuis des années, les prix du carburant n'ont fait qu'augmenter et nous savons que, tôt ou tard, il y aura pénurie. Et si l'état, plutôt que de subventionner des groupes sociaux remuants, investissait dans la recherche sur les économies d'énergies, sur des moteurs plus propres et moins gourmands ? Et si les pêcheurs, plutôt que de réclamer des aides gouvernementales, se regroupaient et mutualisaient leurs achats de carburant, un peu comme une centrale d'achat d'hypermarché ?

Finalement, les pêcheurs subissent la loi du marché, et c'est très sain. Peut être que la solution pour eux serait de changer de métier ; une inscription à l'ANPESSEDIC et deux offres "valables" plus tard, ils auront un nouveau travail (à mi-temps, dans le rayon poissonnerie d'une grande surface à vendre du poisson pêché par un bateau japonais battant pavillon libérien avec un équipage philippin). C'est ça la libre concurrence dont le gouvernement nous rabat les oreilles depuis un an. Et ce ne sont pas les nouveaux avantages qui vont être accordés aux distributeurs (implantation facilitée, négociabilité des prix) qui vont faire augmenter le prix auquel le poisson leur est acheté. Pourtant, si les prix du poisson augmentaient, peut être que leurs affaires redeviendraient rentables.  Encore faudrait-il ne pas se tromper de cible...

Voila un chantier qui aurait été intéressant à mener dans le cadre du Grenelle de l'environnement, n'est ce pas ? Commencer ou continuer à trouver des solutions qui permettent d'économiser un maximum de carburants tout en continuant à exercer les métiers de pêcheur ou de routier...
Mais à préférer accorder des aides à des électeurs potentiels plutôt que de préparer l'avenir de ces mêmes électeurs, les divers gouvernements n'ont fait que préparer l'époque que nous vivons aujourd'hui. Reste à savoir si l'actuel gouvernement est aussi courageux qu'il le dit et si, plutôt que de penser à sa réélection dans 4 ans, il travaillera à assurer l'avenir d'une profession en danger.

Mais il faut garder l'espoir. Nicolas Sarkozy n'affirme-t-il pas que s'en est fini du corporatisme ?

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Marc 19/05/2008 20:46

Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.
 
1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :
 
- La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", qui ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros" ( année 2005). Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros.
 
2/ Sur les dettes de l"Etat :
 
- Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).
 
3/ Sur les recettes de privatisations :
 
- Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.
 
A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.
 
4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :
 
- 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d'euro, au détriment des bénéfices du travail.
 
5/ Sur les "niches" fiscales :
 
- 254 "niches" fiscales qui permettent à 3900 gros contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes, une somme supérieure au déficit budgétaire.
 
 
 
Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d'égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l'aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.
 
A savoir :
 
1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.
 
2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d'une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.
 
Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s'emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.
 
Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.N'oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.
 
Pour signer l'appel : http://www.ohfr-redir.com/1434

ciel23 19/05/2008 19:28

ah le bal des mécontents ;-)))

Didier Goux 18/05/2008 23:19

A gauche, on aime bien les fonctionnaires et les "enseignants", c'est de la bonne clientèle qui vote bien, ça ! Mais les mimiles qui bossent et qui, en plus, puent le poisson ou le gasoil, qu'ils crèvent. Surtout qu'il ont le front de ne pas se pâmer devant la chaisière du Poitou, ni le néo-festif parisien ! Allez, hop ! punis, les franchouillards d'en bas !

Olive 18/05/2008 20:27

@ Rebelle, au lieu de vouloir aide les transporteur routier qui n'a rien d'écologique, le gouvernement ferai mieux d'obliger à passer par le train, qui à l'heure actuelle coute moins chére que le camion, ce qui était pas le cas avant !!! et je vois pas l'intérêt d'aider les transporteurs routiers, si ce n'est les plus gros amis de Sarko !!!

Rebelle 18/05/2008 18:02

Savez vous quel est la ristourne accordée par l'Etat sur le prix du gasoil pour les transporteurs routiers ?2,5 centimes d'€uro par litre consommé. Pednant ce temps, un Etat considéré comme "écologiste" les pays bas accorde à leurs transporteurs une ristourne de 14 centimesCherchez l'erreur ! Les transporteurs routiers ont une activité de service public pour le développement de l'économie et l'harmonie des territoires.Attention de ne pas attiser la colère