Le beau métier de journaliste.

Publié le par Didier B

Aujourd’hui, entre Nicolas Sarkozy qui va causer dans la télé et Nicolas Sarkozy qui veut réviser la constitution, on n’a pas beaucoup de choix. Comment nous savons déjà tous ce qu’il va dire pendant son « interview » et que la réforme de la constitution mérite que je m’y intéresse quand j’ai plus de temps, je préfère parler d’une information qui date d’hier.

 

 

Donc, mercredi 23, à l’Elysée, les journalistes présents ont déposés leur matériel près du cordon de sécurité et n’ont pas posé de questions aux ministres qui sortaient pour protester contre les nouvelles mesures de confinement de la presse.
La pauvre Christine Lagarde, qui avait sûrement quelque chose d’intéressant et de spirituel à dire s’en est étonné : « Qu'est-ce qui se passe ? Vous ne posez pas de questions ? »

 

Ces messieurs et dames de la presse n’apprécient donc pas d’être traités comme du bétail. Pourtant il n’y a rien de surprenant : les français sont des veaux et les journalistes ne font pas exception, visiblement. De plus, le maître des lieux n’appréciant pas beaucoup les grattes papier, la décision de parquer la presse loin de l’élite est encore moins une surprise.

 

Donc, les journalistes n’ont pas posé de questions aux ministres. Et, pour parachever le tout, presque tous ont boycotté le compte rendu de Luc Châtel.
Et qui s’en est rendu compte ? Personne ! Les informations essentielles sont tout de même arrivées dans les salles de rédaction, avec ou sans réactions « sur le vif » des ministres. Dans ces conditions, pourquoi continuer à attendre les ministres à la sortie de l’Elysée si cela ne sert à rien ?

 

Ne soyons pas surpris si des licenciements massifs interviennent dans la presse et à la télévision dans les semaines qui viennent. Nous nous en doutions un peu, mais les journalistes (pas très intelligents sur ce coup là) viennent de démontrer avec brio qu’on pouvait faire de l’information sans eux. Une dépêche d’agence ou un communiqué officiel envoyé par fax ou par mail suffit pour remplir l’espace.

Encore un petit métier qui disparaît…

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david 24/04/2008 22:45

Dans son intervention de ce soir, Sarkozy a clairement et volontairement été à côté de la réalité. Sa conception de la politique est montrée quand il a dit qu'il fallait
"donner le sentiment aux français qu'ils sont protégés". Son but n'est
pas de protéger, mais bien d'en "donner le sentiment" ! Ce qui lui
importe, c'est l'apparence. On a eu le discours d'un communiquant qui énonce des contre-vérités sur le ton de l'évidence.