Pierre Desproges aime beaucoup ce que je fait...

Publié le par Didier B

 

Pierre Desproges est mort le 18 avril 1988, il y a donc 20 ans jour pour jour, rattrapé par ses métastases qui courraient visiblement plus vite que lui. Et on voudrait que, pour fêter ça, je m’extasie sur un type que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Agathe ?

 

Enfin, mais qui était donc ce Aimé Césaire dont tout le monde nous rabat (dja la moukère) les oreilles depuis 2 jours, (y compris Nicolas Sarkozy qui est décidément plus à l’aise dans son métier de ministre de la Culture depuis qu’il a épousé une artiste) et dont le curriculum vitae se limite à avoir été poète et homme politique ?

Du moins c’est ce que TF1 semble avoir retenu du fondateur de la négritude que j'ai confondue avec la bravitude et dont j’ai cru un instant qu’il s’agissait d’un nouveau courant du PS opposé à la candidature au poste de premier secrétaire de Ségolène Royal.
Pour TF1, qui est à la culture ce que la 5e de Beethoven est à la musique militaire, je ne suis pas sur ; mais pour la bravitude et Ségolène Royal, je n’ai aucun doute.

 

Et Pierre Desproges alors, c’était de la daube, pour qu’en n’en parle pas sur les ondes et dans les journaux ? Je me demande comment il aurait pris le fait de se faire griller la politesse par un inconnu qui écrivait des livres que personne n’a jamais lu mais que tout le monde trouve génial.
Bon, il ne faut pas que je sois malhonnête, moi aussi je trouve qu’il était un génie… Non, pas Aimé Césaire… Lui, je ne sais toujours pas qui il est ;  je parle de Pierre Desproges, bien sur !

 

Ceux qui auraient la bonne idée de télécharger illégalement l’intégrale de ses réquisitoires au Tribunal des Flagrants Délires en ressortiraient moins cons. En revanche, ils seraient aussi plus suspects. Mais dans la vie, il faut faire des choix : la culture ou la prison ?
Bien sur, si vous voulez éviter Denis Olivennes et la condamnation, vous pouvez aussi acheter ces enregistrements. Ou ses livres, il en a écrit plein…

 

Dans ce cas et si vous êtes un supporteur du PSG, il va d’abord vous falloir apprendre à lire. Et ensuite, à comprendre ce que vous lisez. Alors, soyez proactifs, retournez à l’école !
Ensuite, et seulement à ce moment là, vous pourrez profiter des « Chroniques de la haine ordinaire ». Vous verrez, c’est d’un autre niveau qu’une banderole publicitaire pour un film sur la culture régionale du Maroilles.


Si vous êtes pauvre ou en passe de le devenir, mais que vous savez lire grâce à l’école publique et laïque qui existait encore il y a 20 ans, vous pouvez vous enrichir en parcourant le « Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis ». Vous y apprendrez que le cancer est une maladie provoquée par les cancérologues. Mais comme vous n’avez pas les moyens de fréquenter des gens comme ceux là, vous ne risquez rien. Cela vous donnera peut être des idées de révolte, mais n’y pensez pas trop longtemps ; n’oubliez pas que vous avez des enfants à nourrir.

 

En écoutant et en lisant ce génie, vous pourriez vous aussi, comme moi, voir naître votre conscience politique. Cela vous apprendrait à penser par vous-même et non pas en fonction de ce que vous disent les télévisions et journaux. Cela ne veut pas dire que ces moyens de diffusion de l’information sont foncièrement mauvais, mais qu’il faut, pour réellement comprendre ce qui s’y dit, faire un effort de recherche. Ouvrez vos encyclopédies, ressortez vos livres d’histoires.
Le grand homme disait : « Que la vie serait belle si tout le monde doutait de tout, si personne n’était sûr de rien. On pourrait supprimer du dictionnaire les trois quarts des mots en « iste », fasciste et communiste, monarchiste et gauchiste, khomeyniste et papiste. » S’il était encore là, il aurait pu rajouter à cette liste les mots terroriste et sarkozyste, sans aucun doute.

 

Tiens, il aurait pu nous en apprendre sur la liberté d’expression lui qui, sur scène, n’hésitait pas à s’attaquer à des corporations aussi puissantes que celle des coiffeurs ou celle des chauffeurs de taxi. Il disait aussi des choses odieuses sur les juifs et les chambres à gaz. Mais, en ces temps lointain, les gens savaient distinguer l’humour de l’attaque et Pierre Desproges, même s’il a dérangé, n’a jamais été inquiété, sinon par son cancer. O tempora, o mores !

 

Pierre Desproges n’était sans doute pas assez bien pensant ou bien en cour pour qu’on lui accorde la préséance sur Aimé Césaire. Alors, pour conclure et rendre hommage à la fois à l’un et à l’autre, j’aimerais vous citer un passage des Chroniques de la Haine Ordinaire :

 

« L’art blanc existe autant que l’art fumé. La Joconde, Versailles, Le Cid, le Jeu des 1000 francs, c’est nous, la bombe H et le mistral gagnant, c’est nous, Austerlitz, c’est nous, Auschwitz, c’est… c’est loin, nous sommes blancs et nous devons assumer notre blanchitude. »

Etonnant, non ?

 

P.S.: Un grand merci à Nicolas de PMA pour l'inspiration.

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M. Alacon 22/04/2008 13:09

"Les mouches ont des ventouses aux pattes pour pouvoir rester coléoptère"Merci au maître.

Didier Goux 19/04/2008 11:55

Il me semble que ni l'un ni l'autre n'avait le génie qu'on s'accord à leur prêter. Quant à Desproges, je m'en souviens comme étant au contraire, la bienpensance même.

Cédric 18/04/2008 18:28

Bonjour et merci pour vos contributions sur la communauté de la libre parole.En retour, j' espère qu' elle vous apportera un grand nombre de visites.Bien à vous Cédric