Reflexions scolaires

Publié le par Didier B

 

Comment pourrais-je accéder à l'information si je ne savais pas lire ? Pourrais-je, en tant que consommateur, comparer les prix des produits si je ne savais pas compter ? Auriez vous la joie de lire ce blog si je ne savais pas écrire ?

 

Depuis des années, on se pose la question de savoir si l'école remplit bien son rôle. On modifie régulièrement ses missions, ses programmes et ses moyens en oubliant que l'école n'a qu'un seul rôle : celui d'enseigner.
L'école n'est pas un substitut parental, elle n'a pas vocation à être un moyen de répression et n'est pas non plus une vitrine pour pédagogues en mal de renommée. L'école doit simplement transmettre le savoir aux jeunes générations.

Un article publié sur Rue89.com m'a amené à réagir directement sur le site. Voici le texte de ma réaction :

 

« Pour autant que je me souvienne les « lois Jules Ferry » de 1881 et 1882 n'étaient qu'une réaction à la défaite de la France face à la Prusse en 1870, considérant que les soldats allemands était mieux instruits que les soldats français.


Le rôle de l'école de la république (qui ne concernait que l'école primaire) était dès lors le moyen pour la nation d'obtenir de bons petits soldats et de bons petits ouvriers. L'école apprenait à tous la lecture, l'écriture et le calcul. Son rôle n'était pas d'être un vecteur de promotion sociale. Ceci relevait de l'exception et récompensait l'élève « fils d'ouvrier méritant » !


En cela, le système était donc élitiste. Et il l'est resté, car le pays a toujours plus besoin d'ouvriers et d'employés correctement instruits que d'ingénieurs ou de cadres bancaires. Ce n'est pas un jugement de valeur, mais un simple constat numérique.


Pour des raisons politiques, on a voulu faire croire que l'école était un vecteur d'ascension sociale. Que l'école permette à un fils d'ouvrier de devenir ingénieur ou chercheur n'est pas à mettre en cause. L'erreur est de faire croire que tout le monde peut y arriver, ce qui est une hérésie dans la mesure ou nous n'avons pas tous les mêmes capacités intellectuelles ou manuelles et que le nombre de "places disponibles" n'est pas extensible.


Politiquement, le diplôme semblait être le moyen le plus évident de distinguer ceux qui avaient réussi leur ascension. On imagina donc que mener 70% de chaque classe d'age au baccalauréat ferait l'affaire. Le baccalauréat, c'était le certificat d'études des riches...
Moralité, pour y arriver, on a simplement diminué le niveau d'exigence et, désormais, 70% d'une classe d'age a en poche un diplôme sans valeur réelle. Et la promotion sociale par l'école n'existe toujours pas.


D'autant qu'en baissant le niveau d'exigence, on se retrouve avec des jeunes gens qui maîtrisent à peine la lecture et l'écriture, qui sont pourtant la base d'une « bonne » instruction et qui sont indispensables dans la vie quotidienne.


Tellement concentrés sur « l'ascenseur social », les politiques et l'école ont laissés sur le bas-côté des générations d'élèves qui ne pouvaient pas s'intégrer dans ce système élitiste par nature. Aujourd'hui, on appelle ça « l'échec scolaire » comme si l'échec n'était pas théoriquement possible et qu'il était honteux.


Ce qui est honteux c'est qu'on ait créé de toute pièce une société intellectualisée où ceux qui ne peuvent pas s'y intégrer sont des parias.
Au diable l'apprentissage, haro sur les artisans et les métiers manuels. Les gamins en « échec scolaire » n'ont plus de solution pour s'intégrer socialement par le travail. D'ailleurs ils ne l'envisagent même pas, tant on leur a expliqué que la seule solution pour réussir dans la vie était d'avoir le plus de diplômes théoriques possibles.


Et maintenant, on voudrait nous faire croire que l'école a aussi un rôle de ciment d'une société multiculturelle ?
Encore une fois, on va droit dans le mur. Le rôle de l'école est dans la transmission du savoir, pas dans l'éducation, qui relève avant tout de la sphère familiale. L'école transmet le savoir de la même manière à tous les élèves, sans distinction de race, religion, classe sociale et sexe ; c'est en cela qu'elle peut jouer un rôle de ciment, mais elle doit restée concentrée sur son rôle de vecteur de savoir avant de jouer avec autre chose.


Alors, oui, il faut revenir aux fondamentaux. La lecture, l'écriture et le calcul sont la base de tout enseignement. Sans ceux-ci, la suite est compromise.
Le rôle des diplômes et de leur utilité doit sûrement être repensé et l'importance de l'enseignement théorique également. L'artisanat et l'apprentissage doivent reprendre la place qui leur est due.


Quant aux écoles ghettos, elles n'existent que parce qu'il existe des logements ghettos. Les enfants de familles défavorisées se retrouvent dans les mêmes écoles parce qu'ils vivent dans les mêmes villes ou quartiers.
Ce n'est donc pas sur l'école qu'il faut influer mais sur la politique du logement. Le travail à faire dans ce domaine est tout aussi énorme, mais il permettrait à l'école de se concentrer sur sa seule et unique mission : l'enseignement ! »

 

Ne faisons pas d'angélisme : le propre d'un système scolaire est de sélectionner les meilleurs élèves pour leur permettre de poursuivre leurs études et former ainsi, plus tard, l'élite intellectuelle de la nation. L'école ne sélectionne pas en fonction des origines mais en fonction des résultats, et l'égalité devant les résultats n'existe pas. Si vous n'avez pas le niveau requis, il est inutile que vous perdiez votre temps dans un cursus dont vous ne tirerez rien et qui fera perdre du temps aux autres élèves.

 

Oui, j'ose prononcer les mots élite et sélection dans la même phrase. Le seul rôle que l'on doit donner à l'école est celui de la transmission du savoir et, au nom du principe républicain d'égalité, on doit donner à l'école les moyens d'assurer cette transmission de la même manière pour tous les élèves.
Pour les fans de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, souvenez vous des mots « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits... ». Si on peut garantir l'égalité de traitement, ce n'est pas dans les résultats mais dans les possibilités qu'on le fait.

 

C'est là que s'arrête le rôle de l'école. Peu importe de quelle origine ethnique ou sociale sont les élèves du moment que l'égalité de moyens a été respectée.  C'est grâce à cette égalité de moyens que l'école assurera un rôle de ciment culturel ; il est inutile d'en rajouter plus. Et c'est sur cette égalité de moyen que la lutte doit se poursuivre et pas sur la mise en pratique de théories sociologiques ou pédagogiques fumeuses.

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Publié dans Politique

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mourad 20/06/2008 18:45

pétition pour la déstitution de sarkozy, j'ai signé et je vous invite a signer et à diffuser largement, pétition à signer sur  http://www.antisarkozysme.com

ciel23 02/04/2008 09:40

revenir aux fondamentaux : lire, écrire, calculer...je suis persuadée que tout se joue au CP !

Rébus 31/03/2008 15:44

Entièrement d'accord sur le rôlr de l'école, le problême actuel se situant bien au niveau des moyens donnnés pour remplir son rôle et la répartition de ces moyens justement