Hausse des prix alimentaires : Retour sur l’enquête

Publié le par Didier B

Alors que les résultats de l'enquête de l'Observatoire des Prix commencent à donner lieu à des commentaires dans la presse, voici quelques observations qui pourraient vous faire douter de la validité de cette enquête.
Publiée sur le site de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), l'enquête dit que les prix alimentaires ont augmentés plus vite que l'indice des prix, (4,69% contre 2,8%) ce que nous savions déjà.

 

Ceci étant dit, il y a deux choses qui me gênent dans cette soit disant enquête.

 

La première est le fait que l'Observatoire des prix n'a pas fait les relevés de prix lui-même. Il a utilisé les données fournies par deux sociétés privées d'études marketing, IRI et Nielsen. (C'est indiqué discrètement données IRI ou données Nielsen).
Non, vous ne rêvez pas, les services de l'état réalisent une enquête en fonction de données relevées par des entreprises privées, dont on ne connaît absolument pas la méthodologie. On se demande pourquoi on n'a pas confié l'enquête directement à ces deux entreprises, cela aurait été plus cohérent et peut être plus économique.

 

La seconde chose gênante concerne l'enquête sur les augmentations de marge. Dans ce cas, les enquêteurs ont relevés les prix d'achat et de revente des enseignes de la grande distribution en allant directement dans les centrales d'achats.
Et on nous annonce fièrement que il y a eu de « petits dérapages », mais rien de grave, et que parfois, les enseignes avaient baissées leurs marges. Jusqu'ici, tout va bien. Le souci, c'est que l'enquête ne s'est absolument pas intéressée aux marges réalisées par les centrales d'achats elles mêmes, qui ont pourtant leur importance dans le prix final d'un produit.

Au vu de ces deux éléments troublants, j'ai beaucoup de mal à croire à la validité de cette enquête. Mais vous vous ferez une idée personnellement.

 

Il faut aussi se souvenir que les pourcentages sont trompeurs et qu'une marge bénéficiaire ne s'analyse qu'en la rapportant aux frais.
Prenons une grande surface Carrechan... Elle achète un produit X 100€, et décide de faire une marge de 10% (pour couvrir tous ses frais et gagner de l'argent). Carrechan vous le revend donc 110€.
Trois mois plus tard, le produit X augmente (à cause des matières premières) et Carrechan est obligé de l'acheter 110€. Avec sa marge de 10%, l'enseigne vous le revendra 121€.

 

Avant, Carrechan gagnait 10€ par X vendu, après l'augmentation elle gagne 11€... alors que ses frais n'ont pas augmentés.  Ce n'est qu'1 €uro de plus, mais multiplié par des milliers de produits X vendus, sur des centaines de magasins. Avec le même % de marge, l'enseigne gagne (beaucoup) plus d'argent mais elle peut encore dire qu'elle est sympa, puisqu'elle n'a pas touché à sa marge de 10%.

 

Et qui est donc le con qui paye ? Moralité, ne croyez pas tout ce qu'on vous dit !

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Rébus 23/03/2008 18:00

Didier, ça m'avait échappé  le fait que l'enquête ait été réalisée par des sociétés privées. Bien vu de le souligner.Andelle, j'aurais bien une explication mais bon, on pourrait dire que je vois le mal partout. au passage, le salaire moyen allemand est nettement plus élevé que son homologue français

Andelle 23/03/2008 16:54

A propos de prix, les Alsaciens savent que les produits d'hygiène ou de beauté se vendent 40 % moins chers de l'autre côté de la frontière (alors que Allemagne le taux de TVA est voisin du nôtre). Quelqu'un a-t-il une explication ?