Les grandes oreilles de Rachida Dati

Publié le par Didier B

oreille.jpgLa France devrait se doter d'ici à 2009 d'une plateforme centrale d'écoutes affectée au ministère de la Justice. Cette plateforme deviendrait l'intermédiaire des juges d'instruction et des procureurs qui souhaiterait mettre sur écoute un téléphone. Techniquement, elle serait à même de traiter voix, image, mail et SMS en très grande quantité ainsi que les données de connexion comme la date et l'heure.

 

La mise en service de cette plateforme représenterait pour la justice une économie non négligeable. En effet, pour l'instant, les écoutes ordonnées par la justice sont traitées par des sociétés privées et les opérateurs téléphoniques, qui ne se privent pas de surfacturer les dites écoutes. De plus, il y aurait un gain évident en terme de rapidité d'exécution, ce qui, particulièrement dans les cas de terrorisme ou de grande criminalité, pourrait décider de l'arrestation effective des criminels.

 

Pourtant, certains s'inquiètent déjà de l'effet « Big Brother » d'une telle plateforme et d'éventuelles menaces sur les libertés individuelles. Les différents gouvernements ont toujours défendu le fait que la Justice étant seule habilitée à ordonner une écoute, les libertés individuelles n'étaient pas menacées.

 

Toutefois, les défenseurs des libertés individuelles font remarquer qu'en France, l'indépendance de la Justice n'est que très relative. Si les magistrats instructeurs disposent d'une liberté totale d'enquêter, ils ne peuvent pas s'autosaisir. Ils le sont par un procureur ou par une victime qui se constitue partie civile, mais leur intervention relève de l'exception.

Ce sont les procureurs qui disposent de la maîtrise des enquêtes et qui décident de l'opportunité d'une telle enquête. Or, les procureurs sont eux soumis à l'autorité hiérarchique du ministère de la Justice et donc, par cet intermédiaire, à celle du pouvoir politique.

 

Il est évident que, si le pouvoir politique en place avait la volonté de mettre en place un régime « autoritaire », le fait d'avoir ou pas une plateforme centrale d'écoute ne changerait rien. La plateforme, dans ce cas, ne serait qu'un outil supplémentaire pour asseoir l'autorité du pouvoir.

 

Ce n'est donc pas de l'utilité d'une telle plateforme dont il faut discuter mais bien de la réalité de l'indépendance de la Justice dans notre pays, dans la mesure ou on en douterait et il faut pour cela reporter le débat sur le terrain politique. Quoique l'on dise ou prétende savoir sur Nicolas Sarkozy et ses délires mégalomaniaques, la France est encore un état de droit ou les libertés individuelles sont protégées.

 

Les écoutes téléphoniques ordonnées par la Justice existent déjà, et l'existence d'une telle plateforme n'y rajoutera rien. Du reste, vous êtes déjà surveillés. En banlieue parisienne, une plateforme surveille l'émission de centaines de SMS par jour pour le compte de la police judiciaire.

 

En revanche, il est légitime pour les utilisateurs non criminels du téléphone ou d'Internet de s'assurer que des données nominatives ne seront pas accolées avec leurs habitudes privées. Sinon, plus personne n'osera se rendre sur son site pornographique préféré, et c'est encore un pan de l'économie numérique qui s'écroulera.

Le Figaro

Publié dans Politique

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olive 22/03/2008 20:57

Oui de quoi mettre encore plus de censure et de surveillance du côté de Sarko, comme ça tout passera inaperçu et la justice là fini!!!

arno 21/03/2008 19:52

Bonjour, j'ai visité votre blog
et j'ai trouvé que vous publier de bon article en général,
cela vous diriez-il de mettre un lien entre nos 2 blogs?
MON BLOG:
http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/
J'attends votre réponse !!! et
bonne continuation !!!