Sarkozy est rentré et on reparle de rétroactivité !

Publié le par Didier B

prison.jpg 2 jours avec Carla Bruni en week-end en Afrique du Sud, et il n’y a pas un lion, pas un éléphant qui aurait eu la bonne idée de nous en débarrasser. Nicolas Sarkozy est rentré en France et il a reprit ses habitudes.
Un petit tour en Allemagne pour inaugurer le Cebit à Hanovre et faire la bise à Angela Merkel, un petit coup de fil au nouveau président russe, Dimitri Medvedev, qui n’a été élu qu’avec 70% des voix (c’est trop nul…), voila qui a du donner beaucoup de travail aux interprètes de notre président qui ne parle aucune langue étrangère.

Il a profité de son retour pour remettre la rétention de sûreté sur le tapis. Forcement, quand un sondage dit que 80% des français approuvent, il aurait tort de s’en priver. Il a reçu « le soutien » d’associations de victimes et les a accueillit à l’Elysée a 11H00 ce matin, juste avant de partir pour Hanovre.

Dans un précédent billet, je disais que les victimes de crimes et leurs familles ne devaient pas intervenir dans un débat de droit, car trop marquées par ce qu’elles venaient de subir. Un débat de cet ordre doit être envisagé hors d’un contexte émotionnel. Je maintiens cette position d’autant que, quand les victimes interviennent, c’est pour dire des conneries.

Dahina Le Guennan, présidente d’une association de victimes et ancienne victime de Michel Fourniret déclare ainsi « Si cette loi avait existé, on aurait évité au moins huit victimes » en parlant de son violeur. « … On ne lui aurait pas laissé le droit de sortir et de tuer impunément ».
Problème, Michel Fourniret, n’avait été condamné qu’à 7 ans de prison en 1987. La rétention de sûreté n’aurait donc pas pu s’appliquer dans son cas (il faut avoir été condamné à 15 ans minimum), et il serait sorti, comme il l’a fait à l'époque.

La loi n’aurait servi à rien dans le cas de Guy Georges, dont la peine maximale n’avait été que de 10 ans avant d'être arreté pour les meurtres en serie qui l'ont rendu célèbre. Pourtant, le père d’un de ses victimes souhaite que la loi « soit adaptée de manière à permettre, pour ceux qui sont extrêmement dangereux et qui sortent en ce moment, de trouver un moyen de les soigner et pas seulement de les laisser sortir comme ça. »
Ces personnes sont aveuglées par la douleur et le chagrin, et c'est bien normal. C'est pour cela qu'on ne devrait pas les instrumentaliser.

Selon moi, il faudrait instaurer un vrai système de soins en prison, limiter à l'extrème les possibilités de liberté conditionnelle (voir la supprimer dans les cas les plus graves).

Mais le plus grand danger, c’est le précédent que créerait une loi rétroactive. Si on en a une, on peut bien en avoir deux ou plus…  Si la non rétroactivité existe, c’est pour une raison très simple : aujourd’hui, j’ai le droit de critiquer le gouvernement (dans les limites fixées par la loi). Si, en 2009, le gouvernement fait voter une loi qui puni la critique à son encontre, et qu’il la rend rétroactive, je pourrais être puni pour quelque chose qui n’était pas un délit au moment où je le faisais.

Réfléchissez bien à ça ! La rétroactivité d’une loi, c’est la porte ouverte à un régime autoritaire. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les dernières lois rétroactives de France datent du régime de Vichy. Là, c’est le moment d’avoir de la mémoire !

Mais devons nous être étonnés que Nicolas Sarkozy instrumentalise la douleur des victimes ? Non. Quand on est le chef d’une « majorité » qui ne sait pas faire un discours sans crier au racisme, au sexisme, à l’immobilisme et qui en plus a un langage ordurier, il n’y a aucune raison de s’étonner.
Mais il y en a beaucoup pour s’inquiéter !

Sources : L'Express

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Colin 04/03/2008 12:35

Tout à fait d'accord avec toi sur le rôle que ne doivent pas tenir les victimes.L'essence même du travail du juge est de permettre que justice soit faite sans que la victime n'intervienne. Sinon retournons à la loi de la jungle...

grellety 03/03/2008 18:02

Comme vous l'expliquez, c'est la porte ouverte à... Mais, dixit les toujours fameux "sondages", les Français sont "pour". Osons le dire, j'ose le dire : les Français sont cons. Plus les années passent, plus leur niveau de réflexion est au ras des paquerettes. Car il faudrait qu'ils nous expliquent, ces bons Français qui sont pour, comment on peut retenir en prison une personne sans jugement de justice ! L'évaluation de la "dangerosité" d'un condamné est effectivement très dangereuse, car qu'est-ce qui va empêcher demain son usage pour des gens moins dangereux, y compris des opposants ? ! Les "bons Français" pensent toujours que cela n'arrive qu'aux autres ! Une chose est sûre : la connerie, cela n'arrive pas qu'aux autres, quand on les écoute, nos bons Français. Il faudrait qu'il nous explique pourquoi et comment la "bonne société" peut enfermer aussi longtemps des individus sans faire le nécessaire pour les faire changer ! Avec Sarkozy, on est (et naît, sans parler du nez...), qu'homme on est ! Et c'est tellement vrai dans son cas ! On a l'impression qu'il est né comme cela et qu'il ira jusqu'au bout comme cela. Le problème, c'est que ce petit monsieur généralise son cas. Et lui, le prétendu chrétien, affirme qu'un individu ne peut se racheter, aller du mal vers le bien, voire être touché par la "grâce". Une chose est sûre : dans son cas, il n'y a pas eu jusqu'ici de miracle.

Didier B 03/03/2008 19:00

"Ce n'est parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont forcement raison !"  Coluche. Je ne crois pas que les français soient cons, je crois qu'on ne leur explique pas tout. Ca fausse leur jugement, forcement.