
Connaissez vous l’histoire du patron de
l’UIMM (Union des Industries des Métiers de la Métallurgie), Denis Gautier-Sauvagnac, qui retirait d’énormes sommes en liquide (19 millions d’euro entre 2000 et
2007) des comptes de son organisation pour les distribuer à on ne sait qui ? Oui, vous avez du en entendre parler ces derniers jours…
L’hebdomadaire Marianne raconte comment, dès 2004, Tracfin (cellule anti-blanchiment du ministère des finances) avait remis un rapport signalant les agissements de Denis
Gautier-Sauvagnac et qu’en retour, le cabinet du ministre lui aurait demandé de mettre le dossier « en attente ». Et qui était le ministre des finances à l’époque ?
Nicolas Sarkozy !
Je n’y crois pas, cela ne peut pas être possible. Nicolas Sarkozy est bien trop intègre pour tenter de protéger qui que ce soit, surtout un vilain patron capitaliste. Non ?
DGS n’est même pas un des ses amis, il ne va pas risquer sa réputation pour aider quelqu’un qu’il ne connaît pas.
A moins bien sur d’imaginer que cela ait quelque chose à voir avec son frère, Guillaume Sarkozy, vice-président du MEDEF de 2000 à 2006. Mais c’est un terrain
sur lequel je ne m’aventurerais pas !
C’est seulement en septembre 2007 que Tracfin a reçu l’autorisation de transmettre le dossier à la justice, avec « l’accord de l’Elysée » selon Marianne.
En tout cas, cette affaire est tellement embarrassante que Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, a écourté ses vacances pour venir faire tomber quelques têtes elle-même. Elle a déjà obtenu la
démission de Michel de Virville, un des dirigeants de l’UIMM, qui dirigeait l’UNEDIC au nom du MEDEF et n’entend pas s’arrêter là.
Cette histoire est décidement bien plus intéressante que les faux comptes de Clearstream ou des vacances sur le yacht d’un ami milliardaire. Encore qu’elles ont toutes un point commun…
Il faudrait être intellectuellement limité pour croire que ni le ministère des finances ni les dirigeants du MEDEF n’aient été au courant de quelque chose d’aussi gros. Pourtant,
il ne faut pas aller trop vite dans les conclusions. L’argent détourné aurait principalement servi à financer de manière occulte des syndicats ouvriers ou certains de leurs représentants.
Denis Gautier-Sauvagnac évoque d’ailleurs une manière de « fluidifier le dialogue social ». Mais il n’est pas pour l'instant question d’enrichissement personnel pour
des politiques.
Il n’en reste pas moins que, encore une fois, l’intégrité de Nicolas Sarkozy est mise en cause. Pour un homme qui se présentait comme honnête, ne voulant rien cacher, c’est pour
le moins paradoxal.
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