Kosovo : Longue vie à l'Europe désunie !

Publié le par Didier B

Kosovo.jpgCa y est, c’est fait ! Le Kosovo, après un vote de son assemblée nationale, a déclaré son indépendance de la République de Serbie.
D’ailleurs, cela ne plait pas du tout à la Serbie, qui voit ainsi partir une région historique, équivalente à... la Champagne, Reims comprise, par exemple, si on comparait avec la France. 

C’est maintenant l’occasion de voir à quel point l’Europe de la diplomatie n’est pas prête de se révéler aux yeux du monde, même si le traité de Lisbonne nous garantit un « Haut Commissaire » chargé des affaires étrangères. L’Union Européenne vient en effet de montrer sa désunion en laissant ses membres choisir de reconnaître ou pas l’indépendance.

Il faut dire que, parmi les 27 membres de l’UE, 6 sont formellement contre : Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie.
Ceux-ci craignent que la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo n’entraîne une cascade de demandes du même type dans les Balkans, comme dans la province autonome de Voïvodine (Serbie) ou existe une forte minorité hongroise, mais aussi en Macédoine (forte minorité d’albanais) ou en Bosnie-Herzégovine, ou les tensions entre serbes et bosniaques sont toujours aussi fortes.

L’Espagne, de son coté, tient a éviter de créer un précédent dont pourraient tirer parti le Pays Basque ou la Catalogne. De son coté, la Russie, alliée de la Serbie et totalement opposée à l’indépendance du Kosovo, déclarait encore aujourd’hui devant le Conseil de Sécurité de l’ONU que cet acte devait être considéré comme nul et non avenu.

En effet, comme l’a rappelé le ministre des affaires étrangères espagnol, en droit international, l’indépendance d’un territoire dépend soit de l'accord des deux parties, soit du vote d'une résolution de l'Onu. Or, aucune des deux possibilités n’a pu être mise en pratique.

La France, par la bouche de Bernard Kouchner, à d’ors et déjà annoncé son intention de reconnaître le Kosovo. L’Allemagne, le Royaume Uni et l’Italie devraient en faire de même. Bernard Kouchner nous berce de douces illusions en déclarant aujourd’hui : « Ne prenez pas ça au tragique. C'était très attendu et les choses se passent mieux encore qu'on avait prévu. Je vois les grands titres 'divisions de l'Europe', mais quelles divisions de l'Europe? ».

Oui, c’est vrai, quelles divisions en Europe ? Enfin, ça n'est pas à cause de la France, c'est déjà ça.

C’est donc sur une poudrière que l’Union Européenne va poser son postérieur.
Il est toujours surprenant de voir à quel point nous sommes très forts pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes lorsque cela ne nous dérange pas. Dans le cas de la Serbie, elle n’est pas un de nos alliés (mais celui de la Russie) et n’a pas de pétrole (comme la Birmanie), par exemple.

Regardons maintenant attentivement comment la région va se comporter et comment les kurdes, palestiniens, karens et autres groupes ethniques minoritaires dans leurs pays vont réagir. En espérant ne pas avoir à envoyer plus de troupes dans cette région, au risque d'avoir nous aussi, le droit à notre Vietnam - Irak - Afghanistan (Rayez la mention inutile)

Publié dans Etranger

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racaille-du-69 19/02/2008 18:55

Attends, Sarko est déjà prêt à envoyer un ambassadeur....

Didier B 19/02/2008 23:46

J'aimerais connaitre le nom du fou qui va accepter... Galouzeau?