Staline est dans l'opposition

Publié le par Didier B

staline.jpgTout commence par un appel « pour une vigilance républicaine » rédigé par J.F. Kahn, publié dans Marianne le Samedi 16 février, et signé par 17 personnalités politiques d’horizons politiques variés dont Dominique de Villepin, François Bayrou et Ségolène Royal.

               Sans le nommer, l’appel vise directement Nicolas Sarkozy à propos de la dérive monarchique de la fonction présidentielle, des menaces sur la laïcité de la République, de la liberté de la presse et de la politique étrangère de la France. Il s’agit ni plus ni moins d’un tir groupé sur la politique jugée « anti-républicaine » de Nicolas Sarkozy et de ses collaborateurs ministres.

               Aie ! Si un appel de se type n’a rien d’exceptionnel dans Marianne, le fait qu’il arrive à regrouper 17 signataires de gauche, de la droite, du centre, de l’écologie et de la gauche républicaine est déjà plus remarquable. A défaut d’avoir réussi à obtenir le soutien des français autour de ses réformes, Nicolas Sarkozy a réussi à fédérer une improbable coalition contre lui.

Les réactions intervenues à la suite de la publication de cet appel sont peu nombreuses mais assez symptomatiques d’un régime en perte de vitesse.

              Interrogé a propos de l’appel, François Fillon, profitant d’un week-end à la campagne chez son ami François d’Aubert, déplore « une attitude profondément anti-démocratique » et met en cause « l'acharnement que mettent certains responsables politiques qui n'ont pas été élus par les Français, pas été choisis par les Français, à tenter de déstabiliser Nicolas Sarkozy ».

            Entrez vous ça dans la tête, braves citoyens, vous n’avez pas été élus donc vous n’avez pas le droit de critiquer l’action du président. C’est anti-démocratique de s’opposer, d’être dans l’opposition. Dire qu’il y a quelques mois, pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy promettait de donner un statut légal à l’opposition… Maintenant qu’il a une opposition, il va pouvoir lui donner un statut... de prisonnier politique ?

            Dimanche, de passage à Canal+, Valérie Pecresse déclarait : « Nous dire que la République est en danger, franchement de qui se moque-t-on? C'est un vieux film qu'on a déjà vu cent fois, le film de ceux qui n'ont rien à proposer, qui n'ont pas de vision de la France et qui instrumentalisent la République ». Elle a en outre fustigé la présence de Dominique de Villepin parmi les signataires, certainement parce que c’est un péché que de frayer avec des gauchistes.

            Je préfère de loin des personnes qui « instrumentalisent » la République que de faux républicains qui tentent de la découper en morceaux. Les deux dernières fois que la République à été en danger après avoir été charcutée, Napoléon Bonaparte et le Maréchal Pétain en sont devenus les fossoyeurs. Il a fallu à chaque fois des centaines de milliers de victimes pour que la République reprenne sa place.
Nous n’en sommes pas encore là, mais autant éviter d’y arriver. Cet appel permet de tirer une sonnette d’alarme.

 

            Mais le pompon de la déclaration stupide revient à Yves Jégo, porte parole de l’UMP.
« On revient aux méthodes staliniennes », déclare-t-il le 16 février sur iTélé. « …c'est une manipulation, c'est le bal des revanchards, c'est la coalition des aigris, qui veut utiliser une période politique particulière pour essayer de reprendre ce que le suffrage universel ne leur a pas donné ». « C'est exactement la méthode des procès staliniens. »
La veille, dans Le Figaro, il affirmait qu’on voulait « abattre le président » et dénonçait « une forme de complot politico financier ».

 

            Pauvre Yves Jégo ! Depuis la chute du mur de Berlin, il est perdu ; Le stalinisme lui manque et il s’est construit un monde ou l’URSS et les soviets sont toujours la menace suprême. Alors, évidemment, de temps en temps, il craque face à la réalité et il mélange le communisme soviétique et les amis milliardaires de Nicolas Sarkozy !

Bon, il faudra tout de même lui rappeler que les « procès staliniens » ont reçus ce nom en mémoire du sanguinaire dictateur soviétique Joseph Staline. Et, comme Jego semble l’avoir oublié, Staline n’était pas dans l’opposition !

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mag 18/02/2008 17:32

Et depuis Karoutchi a parlé de fascisme rampant, à froce de faire des ouvertures, ils se retrouvent en courant d'air idéologique nos UmpistesMag

pas perdus 17/02/2008 21:00

bien vu... Visiblement l'UMP n'aime pas la critique...