Entretien avec Lakshmi Mittal, l'homme qui vaut 7,5 milliards...

Publié le par Didier B

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Vous le savez sûrement : Arcelor Mittal, le numéro « Uno » de l’acier dans le monde, vient d’annoncer un bénéfice net record de 7,5 milliards d’euros.

A cette occasion, Lakshmi Mittal, le CEO du groupe, a accepté de répondre à quelques unes de nos questions.



 

Entretien (fictif) et impertinent? avec Lakshmi Mittal, PDG de Arcelor Mittal, réalisée chez moi, le 14 février 2008. 



Didier B : Monsieur Mittal, bonjour. Votre groupe annonce des bénéfices record, vous devez en être très fier ?

Lakshmi Mittal : Et comment que je suis fier ! Et content aussi, dans la mesure où ma famille contrôle 43% du groupe. L’état luxembourgeois est aussi ravi, car il possède 2,7% des actions. C’est bien pour eux !
Vous, la France, vous n’avez plus rien, mais bon, c’est vous qui avez privatisé Usinor après tout.
Oui, 7,5 milliards d’euros, c’est bien, ça va faire monter les cours des actions.
 

D.B. : Pourtant vous maintenez la fermeture du site de Gandrange. Pourquoi ne pas investir une partie de vos bénéfices sur le site ?

 

L.M : Faut pas déconner, on ne va tout de même pas investir cet argent si durement gagné à la sueur de leurs fronts pour rendre le site ou ils travaillent rentable… Ces ouvriers ont des idées saugrenues parfois…

 
D.B. : Que comptez vous faire dans ce cas ?
 
L.M. : Fermer bien sur ! Que voulez vous que nous fassions d’autre ?
 

D.B. : Je voulais parler des 600 salariés du site… Qu’allez vous faire pour eux ?

 

L.M. : Vous les français… Heureusement, mon ethnologue personnel m’a expliqué vos coutumes locales. Comme vous accordez de l’importance aux ouvriers, voila ce que nous allons faire : nous allons organiser ce que vous appelez un « plan social » ; j’aime cette idée car le mot social me permet de me rappeler de ne pas trop en faire si je veux rester multi milliardaire.
Nous allons investir une somme faramineuse, indécente, disons… 6 millions d’euros pour aider au « reclassement » du petit personnel. 6 millions d’euros c’est pas mal, ça fait 10.000 € par personne et …0,08% de notre bénéfice ; oui, c’est suffisant, c'est presque trop !

 

D.B. : Le président Nicolas Sarkozy souhaiterait pourtant garder les emplois sur place...

 

L.M. : Qui ça ? … Ah, oui, votre président… excusez moi ! Bon, je vais être clair. C’est moi le patron de Mittal, c’est pas lui. Je ne viens pas lui expliquer comment il doit gérer ses collaborateurs et pourtant, au vu du foutoir qu’il y a en ce moment, il aurait bien besoin de conseils en management.
De toute façon, on est dans un pays libre en France. Je suis libre… de licencier comme je veux. Et ce ne sont pas vos lois et vos prud’hommes qui m’en empêcheront. Si vous voulez appeler ça « plan social », c'est OK pour moi, c'est juste le nom qui change.
Mon père, un saint homme, me disait souvent : « Ca coûte ce que ça coûte, mais si tu veux te débarrasser de quelqu’un, fait le ! ».
Maintenant, si Nicolas Sarkozy veut participer au « plan social » qu’il ne se gène pas.

 

D.B. : Vous pensez que le gouvernement pourrait participer financièrement au plan social ?

 

L.M. : Vous savez moi, la politique, ça me dépasse un peu, je préfère les choses concrètes. Mais ça serait une bonne opération de marketing, ça permettrait à votre gouvernement de montrer son attachement à l’emploi en France, qu’il fait son « travail », bla, bla, bla…
Surtout que vous avez des élections dans pas longtemps, c’est ça ? (Rires…)

 

D.B. : Vous riez ? Les élections vous semblent drôles ?

 

L.M. : (Rires)… Non, c’est surtout parce que je me demandais comment on pourrait diriger une entreprise si c’était les employés qui élisaient leur PDG. Rien de personnel… c’est juste totalement absurde, un truc à la Monty Python, vous ne pouvez pas comprendre !
Pour en revenir à cette opération de marketing, je crois que ça s’est déjà fait à plusieurs reprises dans votre pays, en Lorraine en particulier. Si, c’était des histoires avec des mineurs…
Ils se sont bien fait avoir ceux là…Et pas par une entreprise privée en plus !
De toute façon, je m’en fous ; si votre gouvernement s’engage avec nous dans le « plan social », c’est lui qui portera le chapeau en cas de problème. Finalement, ça m’arrangerait plutôt !

 
D.B. : Quels sont vos projets industriels en France ?
 

L.M. : En France ? Vous voulez plaisanter, c’est ça ? Non, soyons sérieux une minute, je ne vais pas m’engager dans un projet industriel en France tant que vous serez aussi pointilleux sur le respect des gens. Remarquez qu’avec la politique que mène le MEDEF, ça pourrait changer rapidement…

 

D.B. : Vous voulez parler de la politique du gouvernement et de Nicolas Sarkozy, je pense…

 

L.M. : Non ! Le MEDEF ! Je vous accorde que c’est le gouvernement qui fait voter les lois par votre assemblée nationale (Rires), mais c’est la politique du MEDEF. Notez que je ne dis pas que c’est la politique des chefs d’entreprises dans leur ensemble, c’est juste celle du MEDEF. C’est une drôle d’idée de faire un syndicat de patrons… Peut être que vous vous mettez à l’humour anglais, finalement ?

 



D.B. : Un des grands problèmes de l’humanité est celui du réchauffement climatique. Quelles sont vos actions en matière d’environnement ?

 

L.M. : Fermer Gandrange… Il faut dire que c’est très moche une aciérie. Vous verrez, d’ici à 10 ans, les gens nous remercierons d’avoir retiré ce gros bloc de métal gris de leur vue.
Sinon, nous pensons faire planter un arbre par salarié licencié… C’est bien comme idée, non ?

 

D.B. : Le reboisement ferait de vous une entreprise citoyenne ?

 

L.M. : Oh la, allez y doucement ! Entreprise citoyenne, et pourquoi pas « entreprise  généreuse » pendant que vous y êtes ?
Non, nous en ferons juste assez pour qu’on nous foute la paix avec ses conneries d’environnement. Un peu comme Aréva chez vous : ils produisent des déchets radioactifs à la tonne, mais ils sponsorisent des bateaux, des compétitions de surf et tout le monde oublie les radiations pour ne se souvenir que des vagues et des grands espaces.
De toute façon, une entreprise citoyenne, ça n’existe que dans la tête des journalistes. Une entreprise n’à ni frontière, ni pays… ce n’est pas pour reconnaître appartenir à une « citoyenneté »… Ridicule !

 

D.B. : Merci Monsieur Mittal de nous avoir accordé un peu de votre temps.

 

L.M. : Y a pas de quoi, ça m’a fait plaisir. J’aime vos questions, elles m’ont permis de me détendre. Si jamais vous cherchez un travail, j’ai de la place dans mes services de relations publiques…

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Entretien avec Lakshmi Mittal

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Didier B 21/03/2008 22:03

@Frederic GeffroyL'entretien avec Lakshmi Mittal, comme indiqué l'article, est fictif. Il s'agit d'un délire personnel et je n'ai jamais rencontré Monsieur Mittal.Je supprime donc ton commentaire car il fait apparaitre ton numero de téléphone, ce qui n'est pas très sérieux, surtout sur Internet.

dclg 14/02/2008 23:11

Mon dieu, est ce vraiment de la fiction  ?Si oui, alors c'est drolement bien imité !