Sarkozy et le paradoxe français.

Publié le par Didier B

Un paradoxe est une affirmation ou un concept qui contient des idées opposées, contradictoires.

Paru dans le Figaro le 5 Février 2008, un éditorial signé Yves Thréard , « Nicolas Sarkozy face aux paradoxes français » explique quele Président est confronté à une baisse conséquente de sa cote de popularité dans la population française, après seulement 8 mois de mandat, ce qui selon l’auteur, est paradoxal, puisque les électeurs lui reprochent ce pour quoi ils l’ont porté au pouvoir. 

 




« Les Français répètent n'accorder qu'un intérêt lointain à la vie privée de leurs dirigeants, mais quand l'un d'entre eux en l'occurrence le président de la République décide de changer la sienne en toute transparence, ils éprouvent comme un malaise. »

 

Non, ce n’est pas un malaise que les Français éprouvent, c’est du dégoût.

En effet, les Français se foutent comme de l’an 40 de la vie privée de leurs dirigeants. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de la révélation de l’existence de Mazarine Pingeot, fille naturelle de François Mitterrand. Si les Français se sont régalés du parfum de scandale, ils n'ont pas tenu rigueur au président d’être un être humain.

 

En revanche, ce que Nicolas Sarkozy leur proposait et leur propose encore, c’est l’instrumentalisation de sa vie privée. Cécilia en Libye, Carla sous les pyramides… Et, d’un autre coté, il oublie qu’en faisant cela, il expose sa famille aux regards de la presse (à scandale ou pas). Donc, pris en flagrant délit de favoritisme avec l’affaire du scooter de son cadet, Jean… Comment le Président peut-il penser que les Français vont apprécier ? Il est le chef de l’état, mais se comporte comme un vulgaire jet-setteur, et ça, c'est paradoxal…

 


« En élisant Nicolas Sarkozy, homme jeune au verbe direct, les Français avaient exprimé le souhait de rompre avec des habitudes quelque peu compassées. » « Et voilà qu'aujourd'hui certains reprochent au locataire de l'Élysée de n'avoir pas la stature, de déroger au protocole qui sied à la fonction. »

 

Certains ? Pourquoi ne pas le nommer ? Il s’agit bien sur de Jean-Louis Debré, le Président du Conseil Constitutionnel.

Car lui considère et dit que le Président (entre autres personnages de l’état) se doit d’avoir « une certaine retenue » dans le cadre de la fonction présidentielle.

 

N’en déplaise à Monsieur Thréard, on peut rompre avec les habitudes compassées sans pour autant se pavaner en Rolex et jet privé, exhiber sa nouvelle maîtresse/femme à Disneyland ou se vanter d’avoir reçu telle ou telle distinction de journal étranger. Quelle vanité ! Rompre avec les habitudes n’oblige pas à se montrer vulgaire.

Et si il y a bien quelque chose que les Français, de droite ou de gauche, ne supportent pas, c’est la vulgarité, en particulier chez un homme qui censé être leur représentant.


 

« Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy, des voix s'élèvent régulièrement pour dénoncer son omni présidence, son omnipré­sence sur les dossiers ainsi que sa volonté de mener toutes les réformes de front, et vite. C'est désormais une autre musique que l'on entend : le chef de l'État serait loin des préoccupations de ses compatriotes, impatients de voir leur quotidien s'améliorer… »

 

Là, en revanche, il n’y a pas de paradoxe. C’est simple : On ne voit que lui mais il ne fait rien. Enfin, si, il parle, il promet. Mais pour tenir ses promesses, c’est plus dur : « Je serais le président du pouvoir d’achat ! »

On a parfois l’impression qu’il est encore en campagne, comme ce Lundi 4 Janvier ou il s’est rendu sur le site MITTAL de Gandrange, pour promettre encore.

 

Donc, il faudrait qu’on le voie un peu moins souvent et qu’il travaille un peu plus. Enfin, non ! Qu’il laisse donc faire le gouvernement, c’est son travail.

Sinon, je crois qu’on pourrait certainement se passer de tous ces gros salaires supplémentaires.

Et cela aurait le mérite d’éviter la cacophonie habituelle du ministre qui dit une chose pour se voir désavoué par le Président.

 

Non, Monsieur Thréard, il n’y a aucun paradoxe à voir la cote de confiance de Nicolas Sarkozy plonger aussi vite que les cours de la Société Générale alors que les français lui ont fait confiance il y a 8 mois.

 

Il n’est pas paradoxal de ne plus l’apprécier quand il ne tient absolument pas ses promesses, quand il donne l’impression de se foutre de nous, quand il pratique le népotisme, quand il favorise fiscalement les classes déjà favorisées, quand il fait passer la France pour un pays de branquignols aux Etats-Unis, dans les pays du Golfe ou en Inde, quand il insulte les dirigeants roumains en n’allant les voir que 3 petites heures.

 
Ce qui est paradoxal, en revanche, c’est que vous viviez dans le même pays que nous, et que vous ne vous rendiez compte de rien.

Publié dans Politique

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Rébus 06/02/2008 11:06

Ce pauvre Thréard, comme la plupart de ses amis figaresques, devient pathétique et ne sait plus à quelle branche se raccrocher pour défendre Sarkozy. Entendre par la voix de personnages aussi compassés et traditionnalistes que lui une éloge de la modernité transformée, adaptée au cas Sarko, plus exactement en apologie de la beaufitude, c'est à se tordre.Le pire, c'est la tentative de n'expliquer la baisse que par un rejet de cette"modernité", d'y voir une vieille france en butte à l'étalage bling bling. Le sentiment existe, oui, mais c'est surtout la politique et la personne du petit Nicolas qui sont désavoués