SocGen, Total : Ni responsables, ni coupables !

Publié le par Didier B

Les récentes affaires de la condamnation de Total et de la fraude stratosphérique à la Société Générale me rappellent une saillie d’un génie méconnu du 20eme siècle : « Responsable mais pas coupable ».

 

A ceci près que, dans les deux affaires, les principaux protagonistes affirment n’être ni coupables, ni responsables.



Chez Total, on considère la condamnation injustifiée, car la compagnie a été « [trompée] par des certificats qui ne correspondaient pas à la réalité gravement dégradée de la structure du navire ».

N’étant pas propriétaire de l’Erika, ni son contrôleur, Total cherche à faire disparaître sa responsabilité d’avoir voulu payer moins cher le trajet d’un pétrolier hors d’age pour faire encore plus de bénéfices.

 

Et des bénéfices, il y en a : en 2006, Total annonçait un bénéfice net de plus de 12 milliards d’Euros, en augmentation de 5% par rapport à 2005.

Cette somme est à mettre en rapport avec les « petits » 192 millions d’Euros d’indemnités que la compagnie a été condamnée à verser aux victimes.



  


A la Société Générale, SocGen pour les intimes, le raisonnement est similaire.

 

« Ce n’est pas la banque qui a perdu 5 milliards d’Euros, c’est un de ses traders, un malfaisant, un escroc », entend-t-on répéter par la direction de la dite banque.


Un génie que ce jeune homme
, qui a réussi à déjouer seul tous les contrôles de la banque sur son personnel. Mais le meilleur n’est pas là…


Parce que, pour perdre 5 milliards, il a fallu qu’il en investisse plus de 50 !
50 milliards d’euros
, utilisés sans que personne ne se rende compte de rien. Imaginez un peu : 50 milliards, c’est 10 fois le montant des bénéfices de la banque; mais qu'est ce que c'est que ces contrôles de m....?

 

Dans les deux cas, les compagnies se retranchent derrière les contrôles qu’elles ont mis en place pour justifier leur non responsabilité.

 


C’est le vieux coup du « c’est pas moi, c’est l’autre », que nous avons tous pratiqué dans les cours de récréation de nos écoles.

 

Seulement voila, quand nous tentions ce genre d’approche pour régler nos problèmes, nous recevions une bonne correction de nos parents ou nous étions punis par nos instituteurs.

 

Sans préjuger de la suite des événements pour la Société Générale, il y a fort à parier que ses dirigeants ne seront absolument pas inquiétés et qu’elle persistera a faire joujou avec notre argent.

Quant à Total, même si elle perd son appel, elle ne perdra que 192 petits millions d’euros, et continuera à faire naviguer des poubelles sur nos océans.

 
Ni responsables, ni coupables ! Ca n’est que justice !

Publié dans Humeur

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zigo 28/01/2008 15:39

Cette condamnation de Total pose effectivement un problème de fond. Elle peut faire jusrisprudence et s'appliquer à tout client d'un transporteur. Je prends un taxi qui n'est pas en état de fonctionner. Le taxi a un accident et fait des dégats. Pour peu que le chauffeur ou la compagnie de taxi ne soient pas solvables, la victime pourrait de retourner contre le client du taxi ("l'affréteur") pour lui réclamer des indemnités.Espérons que la cours d'appel ne confirmera pas la condamnation.