Francois Fillon au Financial Times : Morceaux choisis

Publié le par Didier B

François Fillon a accordé une interview au Financial Times, publiée le 23 Janvier 2008.
Notre premier ministre y répond essentiellement à des questions sur la crise des marchés financiers, la récession et les problèmes de taux de change.

Quelques morceaux choisis (Traduction de l’anglais par moi-même, alors ne me tapez pas) :

FT : « De quelle manière l’agitation des marchés va-t-elle affecter l’économie française et vos plans de reforme ? »

FF : « L’économie française n’est pas une île. Toutefois, elle est moins exposée que d’autres à ces soubresauts car les entreprises françaises sont en bonne santé et que les ménages sont moins endettés… »

            François Fillon nous refait le coup de la frontière qui nous protège même des matériaux radioactifs de Tchernobyl. Mais son raisonnement n’est valable que si le problème reste financier. La crise du crédit aux Etats-Unis n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg, et ce n’est pas pour rien que G.W.Bush a annoncé un plan de relance de l’économie américaine de 140 milliards de dollars. Non, le problème est aussi économique, alors gare au retour de bâton.

 

FT : « Vous avez donc changé vos prévisions ? » (De croissance, NDT)

 

FF : « Non ! Je dis depuis un certain temps que nous estimons atteindre le bas de notre fourchette de 2-2,5%. Nous sommes maintenant plus près de 2%... »

 

            ??? C’est le bordel partout, les organismes financiers prévoient pratiquement tous un ralentissement de la croissance et la France ne change pas ses prévisions ? Ah, oui, j’oubliais… C’est la frontière qui nous protège.

 

On ne la fait pas à un journaliste du Financial Times, alors le bougre insiste et rappelle au Premier Ministre que le problème n’est pas que celui de la crise du crédit, mais est beaucoup plus large.

 

FT : « … La France ne sera-t-elle pas affectée par cela ? »

 

FF : « Il y a deux interprétations. L'interprétation pessimiste, que vous avez relevée, et une interprétation moins pessimiste que partagent de nombreux experts français que j'ai consultés ces dernières 48 heures : c'est une crise du crédit, une crise financière, pas une crise profonde à même d'affecter l'ensemble de l'économie mondiale. »

 

            François est d’accord avec lui-même, la France ne risque pas grand-chose. Rassurant ? Sur Wikipedia, on appellerait cette phrase un contenu évasif, c'est-à-dire quelque chose que se donne l’apparence de la neutralité, mais qui n’est absolument pas neutre. « …que partagent de nombreux experts français… ». Ah oui ? Combien ? Lesquels ? Et pourquoi seulement les français ? Les étrangers ne veulent pas nous parler ?

 

FT : « Mais l’état général de l’économie ne risque-t-il pas d’affecter votre programme de reformes ? »

 

FF : « Ces difficultés ne feront que renforcer la détermination du gouvernement à aller plus vite et plus loin dans la mise en oeuvre des réformes. Cette détermination supplémentaire à aller encore plus vite dans les réformes alors que la situation de l’économie globale est difficile est une approche soutenue par le people Français. »

 

            C’est une impression ou François ne répond pas à la question ? Enfin, de toute façon, il s’en fout, le peuple soutient les réformes. Les journalistes anglais peuvent remballer leurs questions débiles.

 

Je vous laisse vous faire une idée du reste par vous-même, la presse ne tardera pas à donner le texte intégral traduit. En attendant, pour les anglophones, le Financial Times publie la version originale de l’interview ici : FT Interview transcript François Fillon

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