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Vendredi 20 juin 2008

Voila donc la suite et la fin de l'étude du test d'Alternative Libérale (commencée dans ce billet) qui vous permet de savoir si vous être un libéral qui s'ignore. Il n'y a pas que du mauvais dans les 10 points restants mais il est évident qu'il ne servent qu'à faire passer des idées fumeuses. A vous de juger :


Chacun devrait pouvoir inscrire ses enfants dans l'école de son choix.


Et voilà la carte scolaire... Ce machin administratif garanti l'inscription d'un élève dans l'établissement scolaire public de sa zone de résidence. Pour ceux qui l'ignore, la carte scolaire a été créée en 1963 pour permettre à l'Education Nationale de prévoir le nombre d'élèves potentiellement inscrit sur un établissement et donc le nombre de professeurs nécessaires sur cet établissement l'année suivante.

Pour résumer, les détracteurs de la carte scolaire affirme qu'elle est source d'inégalités puisqu'elle concentre dans les mêmes établissements les enfants des familles "populaires et immigrées", du simple fait qu'elles habitent dans les mêmes zones. D'un autre coté, la même "ghettoïsation" apparaît dans les zones regroupant des familles aux revenus élevés. Pour éviter cette ségrégation et selon les principes libéraux de liberté de choix, les parents ne devraient pas se voir imposer quoi que ce soit et devraient pouvoir choisir le collège ou le lycée de leur progéniture ; il faut donc supprimer la carte scolaire.

C'est bien joli tout ça, mais pour qu'il y ait liberté de choix réelle, il faudrait qu'il y ait un choix possible. C'est malheureusement loin d'être le cas parce que les places disponibles dans les établissements à bonne réputation sont limitées. Un collège de 500 places ne pourra jamais accueillir 3000 élèves ! De plus, la suppression de la carte scolaire ne fait que renforcer les inégalités déjà existantes, puisque les premières familles à délocaliser leurs enfants sont les familles à plus gros revenus et... les enseignants. (Études menées en 1984-85 en Ille et Vilaine, Cote d'Or).

Le plus gros problème, finalement, c'est qu'on essaye de faire régler des problèmes comme les inégalités sociales à l'école alors qu'elle n'est pas la cause du problème. La concentration des moins favorisés dans certaines écoles n'est que la conséquence d'un problème plus vaste, essentiellement politique. Le "libre choix" de son école est donc une fausse bonne solution pour en sortir.

 

Chacun devrait pouvoir choisir l'âge et les modalités de financement de sa retraite.

Chacun devrait pouvoir choisir librement son assurance santé.

 

Aujourd'hui en France, assurance vieillesse et assurance santé sont couvertes par un système de cotisations obligatoires assurant pour la première, une pension de retraite à partir de 60 ans et pour la seconde, une couverture des risques maladies. Il existe même la CMU et l'ASPA (minimum vieillesse) destinées aux personnes ne cotisant pas ou n'ayant pas assez cotisé.

La grande idée libérale est de dire : "Arrêtez de prélever des cotisations pour nos salaires, donnez les nous et nous nous constituerons une retraite nous même et souscriront une assurance santé nous même". Toujours la liberté de choix qu'on met en avant !

Mais, encore une fois, cette liberté de choix ne serait qu'apparente. Tout d'abord, la part patronale des cotisations sociales retournerait dans la poche des entreprises, il ne faut donc pas compter dessus. Le gain financier serait donc limité à la part salariale des cotisations. Ensuite, avec ce gain, il faudrait pour chaque personne, trouver une assurance santé et une assurance retraite correspondant aux moyens financiers libérés, ce qui favoriserait essentiellement les gros revenus. Pour l'assurance santé, il faudrait aussi en trouver une qui assure également les enfants et le conjoint, de la même manière ou mieux que l'actuelle assurance maladie.

Cela fait beaucoup de problèmes pour remplacer un système qui offrait l'accès à tous aux meilleurs soins, pour le même prix et le même remboursement. De plus, comme aux États-Unis aujourd'hui, les assurances prendraient le contrôle de votre santé, vous empêchant de subir des examens ou opérations qu'elles trouveraient trop chers. Aujourd'hui, aux États-Unis, près de 16% des personnes n'ont AUCUNE assurance santé, parce qu'elle n'ont pas les moyens de s'en payer une. Autant pour les arguments des libéraux qui assurent qu'une assurance ne coûte pas cher. Ce qu'ils oublient très souvent de rappeler, c'est qu'une assurance santé privée (contrairement à notre assurance maladie) coûte de plus en plus cher à mesure que l'on vieillit ; normal, c'est une assurance : si le risque augmente les cotisations augmentent, c'est comme une voiture qu'on assure en tous risques.

Quant aux assurances retraites privées, dont les fonds sont souvent gérés par des fonds de pension, elles présentent un énorme désavantage : leurs résultats (et donc votre retraite) ne reposent que sur les cours de bourse et la solidité apparente des entreprises. Rien ne dit que la bourse ne se sera pas écroulée au moment ou vous prendrez votre retraite. Un système comme celui là ne repose que sur une croissance perpétuelle, ce qui n'est pas possible. Juste pour mémoire, des centaines de milliers d'américains se sont retrouvés sans pensions de retraite après les faillites de Enron ou de Worldcom et ont recommencé à travailler à l'âge de 70-75 ans. Est ce vraiment ce que vous souhaitez?

Pour les deux cas ci-dessus, il faut surtout y voir l'attrait que représentent les milliards d'euro générés par l'assurance-maladie et l'assurance-vieillesse pour les sociétés privées d'assurance et leurs gros actionnaires. Mais ces sociétés ne s'intéressent pas à votre bien être, juste au leur.


Les étrangers qui ont un contrat de travail en France devraient pouvoir y résider légalement.


Les étrangers qui ont un contrat de travail en France devraient avoir des papiers en règle. Si ce n'est pas le cas, le patron les ayant embauchés devrait être sanctionné par la justice, de même que l'étranger présent illégalement sur le territoire.

Je sais qu'une prise de position de ce type n'est pas à la mode à gauche, mais je pense que permettre la régularisation d'étrangers en fonction de leur "contrat de travail", c'est ouvrir la porte à l'exploitation de la misère humaine par des patrons sans scrupules.
J'ai le souvenir de ce patron de restaurant de Neuilly sur Seine qui faisait des pieds et des mains pour que ses 9 salariés sans papiers soient régularisés, sûrement parce qu'ils acceptaient des salaires de misère là ou des salariés avec papiers n'auraient pas accepté...

La loi ne doit pas limiter la liberté d'expression, même si certaines idées sont choquantes.


La liberté d'expression doit-elle être absolue ? A titre personnel, je pense que oui. Condamner quelqu'un parce qu'il exprime une opinion est dangereux pour la survie d'une démocratie. Aujourd'hui, par exemple, Jean-Marie Le Pen ne peut pas exprimer ses opinions personnelles sur la réalité de l'existence des chambres à gaz dans les camps d'extermination nazi, durant la seconde guerre mondiale.

Cette opinion me répugne, mais en lui interdisant de l'exprimer, ne suis-je pas en train de préparer l'interdiction d'une autre opinion, qui elle non plus ne sera pas majoritaire ? Est-ce que cette opinion ne sera pas la mienne, celle que j'exprime en ce moment ? Une idée "de gauche", un brin collectiviste ?

Le délit d'opinion ne devrait pas exister dans notre pays. Condamner quelqu'un pour ce qu'il dit et pense est absurde car cela donne de la substance à ce qui est exprimé, même si c'est le mensonge le plus tordu du monde. En revanche, les crimes liés à une opinion discriminatoire devraient être plus sévèrement sanctionnés. Dans ce contexte, une personne pourrait exprimer son opinion selon laquelle "les noirs sont moins intelligents que les blancs" mais une personne agressant physiquement une autre en raison de sa couleur de peau aurait des circonstances aggravantes.

Ah zut, je suis d'accord sur un truc...

 

Il est absurde de condamner quelqu'un à la prison pour avoir fumé du cannabis.


Absurde ? Peut-être pas si la personne en consomme avant de prendre le volant de sa voiture et tue deux ou trois passants après en avoir perdu le contrôle. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas d'opinion ferme sur la dépénalisation de la consommation de drogues dites "douces". En tout cas, on reste dans la liberté de choix... Et pourquoi pas dépénaliser la vente de drogue ? Après tout, c'est un métier comme un autre, non ? Vive la liberté d'entreprendre !

 

L'État ne doit faire aucune différence entre les citoyens sur la base de leur sexualité.


Je me permettrais de rajouter à la sexualité, l'origine ethnique, le sexe, la religion, l'apparence physique, le handicap. C'est vrai, il est inadmissible que l'état fasse des différences entre les citoyens.

Mais attention : si l'état ne fait AUCUNE différence, cela implique la fin de tous les dispositifs qui ressemblent de près ou de loin à de la discrimination positive. C'est la fin des quotas de handicapés dans les entreprises, la disparition des lois sur la parité homme/femme (privilégier les femmes par la loi, c'est discriminer les hommes), la suppression des allocations familiales (pourquoi privilégier les familles aux célibataires), la fin des ZEP (pourquoi privilégier une zone d'habitation par rapport à une autre).

 

La France devrait avoir une politique étrangère plus ferme à l'égard des dictatures.


Une dictature, pour un libéral, n'est pas une bonne forme de gouvernement car l'état intervient beaucoup trop dans la vie des individus. Mais le libéralisme n'est pas pour autant d'inspiration démocratique. Un état démocratique très interventionniste ne lui conviendrait pas plus qu'une dictature.

S'attaquer aux dictatures est simplement plus facile...

 

Certains lieux, comme les bars à cigare ou à narguilé devraient pouvoir rester fumeurs.


Allez, les libéraux, allez jusqu'au bout de vos idées. Le libéralisme, c'est la liberté de choix. Réclamez donc la liberté de choix de votre mort, et rétablissez l'autorisation de fumer partout, ce qui arrangerait aussi les fabriquants de cigarettes et contribuerait ainsi à la liberté d'entreprendre. Pour l'instant, la loi est la même pour tout le monde, bar à cigare ou à narguilé.

 

Pour préserver l'environnement, il faut responsabiliser tous les acteurs en appliquant le principe du « pollueur-payeur ».


Cela peut paraître bien, mais le principe du "pollueur-payeur" est à double tranchant. Développé au maximum, il deviendrait l'instauration d'un "droit à polluer librement", le pollueur ayant juste à s'acquitter d'une amende ou d'une taxe quelconque, ce qui conviendrait tout à fait aux entreprises qui préfèrent souvent payer plutôt que de respecter la loi.

Non, il faut punir les responsables (les dirigeants des entreprises pollueuses) par des peines de prison et les entreprises elles-mêmes par d'énormes amendes.

 

Conclusion :

Bien, vous avez maintenant une bonne vision de ce qu'est le libéralisme. De prime abord, il peut paraître sympathique car il met l'accent sur la liberté de l'individu et le place au dessus de la collectivité. Liberté de choix, liberté d'expression, liberté de fumer son narguilé, oui, tout ça est très sympathique.

Mais le libéralisme, ce n'est pas que ça. C'est aussi et surtout de l'individualisme développé à son maximum. C'est "mon bien-être" placé au dessus du "bien-être collectif" ; donc, si je vis bien, je me fous de ce qui peut arriver aux autres. C'est exactement ce genre de raisonnement que Nicolas Sarkozy tente de nous faire entrer dans le crane à chaque fois qu'il cause.

Et comme "mon bien-être" est plus facile à obtenir quand on à de bons revenus, il n'est pas étonnant de trouver la plupart des libéraux parmi les français les plus aisés, ou ceux qui espèrent bien le devenir. Des principes comme celui de la solidarité nationale ou de services publics leur échappent, voir même les dégoûtent. Pouah, les pauvres, ça pue...

D'un point de vue démocratique, le libéralisme est potentiellement dangereux. En effet, basé sur l'individualisme, le libéralisme ne reconnaît pas le droit à une majorité d'imposer ses décisions à une minorité. Par extension, il ne reconnaît donc pas à l'état le droit de légiférer dans tout ce qui touche à la vie de l'individu et sa liberté de choix. L'intervention de l'état doit être minimale et limitée à ses fonction régaliennes (police, justice, défense).

Alors, maintenant que vous savez tout ça, posez vous la question : "Suis-je un libéral qui s'ignore ?" Pour ma part, j'ai obtenu la note de 4,5/20 au test (Cf 1ere partie). Je ne suis donc "pas un ami de la liberté" , pas libéral et peut être même anti-libéral. Finalement, ce test, il est peut être juste...

par Didier B publié dans : Polémiquons à droite communauté : L'Avis des Eclectiques
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Jeudi 19 juin 2008
Ce matin, je tombe (rassurez vous, je ne me suis pas fait mal...) sur un entrefilet d'Embruns titré "Je suis ultra-libéral". Bon, pour résumer, il a fait un test ici, et il donne le résultat.
Le "test" est très simple : 20 affirmations et 3 réponses possibles (Tout à fait d'accord, plutôt d'accord, pas d'accord). J'ai fait ce "test" pour savoir si, moi aussi, j'étais un libéral qui s'ignorait... mais avant de répondre bêtement, j'ai lu les questions. Et, mon dieu que j'ai été surpris, sous couvert de liberté, on cherche à vous faire tomber dans les pires pièges du libéralisme, en particulier sa variante économique.

Voici donc les affirmations du test et quelques commentaires explicatifs :

La mondialisation est une chance que nous devons saisir
:

J'imagine que la question fait référence à la mondialisation des échanges commerciaux. Si mondialisation il y a c'est sûrement parce que, ces 40 dernières années, les moyens de transport des marchandises se sont améliorés et que le coût de ce transport a diminué en %. C'est ce qui nous permet entre autre d'avoir des fraises chiliennes en plein hiver dans nos hypermarchés pour "pas cher".
Le transport à faible coût étant disponible, les entreprises "occidentales" n'ont pas hésité à délocaliser leur production dans des pays à faibles coûts de main d'oeuvre (et éloignés des lieux de vente), pour augmenter leurs profits. Mais le fait est que, en dehors de la possibilité de consommer plus, la mondialisation n'a rien apporté à la France ou à l'Europe. Elle n'a pas fait diminuer les prix et elle a fait disparaître des emplois, notamment dans l'industrie. En revanche, elle a fait exploser les profits des entreprises et les revenus de leurs gros actionnaires. De plus, elle permet aujourd'hui encore à certains politiciens de justifier la disparition de choses comme la protection sociale, le droit du travail ou l'assurance chômage au nom de la compétitivité.
A n'en pas douter, l'augmentation inéluctable des prix du pétrole va faire exploser les coûts de transport. La mondialisation n'est donc pas une chance que nous devons saisir, mais un mal dont nous devons apprendre à nous passer. (Fini les fraises chiliennes...)

Plus il y a de concurrence, plus les prix sont bas et les clients choyés :

C'est vrai... tant que la concurrence dure ! Mais le capitalisme (qui n'a rien à voir avec le libéralisme) n'aime pas les faibles. Même dans un contexte protégé (par des barrières douanières, par exemple), les entreprises n'ayant pas assez de clients, des coûts de production trop élevés ou des prix de ventes trop bas ou une mauvaise gestion, toutes ces entreprises disparaissent ou bien sont absorbées par leurs concurrents. En effet, dans un secteur concurrentiel, la taille compte : plus on est gros, moins on court de risques de se planter.
Donc, de manière "naturelle", la concurrence tue la concurrence. Et une fois cette extrême concurrence disparue, on se retrouve dans des situations d'oligopole (la téléphonie mobile en France) ou de monopole. Les prix n'ont plus aucune raison de baisser, ils vont même augmenter (pour augmenter les profits) et les clients n'ont plus aucune raison d'être choyés (puisqu'ils n'ont plus réellement de choix). Les entreprises restantes peuvent même s'entendre pour se partager le marché et garder chacune un point d'équilibre pour assurer leurs profits.

Il vaudrait mieux baisser les charges des entreprises que leur allouer des subventions.

Cette affirmation contient un piège... car elle oublie un élément essentiel. Mais d'abord, analysons l'affirmation : selon elle, imposer une entreprise d'un coté pour lui redonner l'argent plus tard sous forme d'aide est idiot, inutile, contre-productif, choisissez votre mot ! Et je suis assez d'accord avec ça.
Mais l'élément essentiel est que l'impôt n'est pas une charge. L'impôt, le si vilain impôt que tout le monde devrait payer, sert à financer les "services publics" dont même les entreprises profitent. Ces "services publics" sont les routes, autoroutes, éclairages publics, voies de chemin de fer, services de police et autres petites choses que les libéraux considèrent sûrement comme négligeables.
Les entreprises, de par leur qualité de "personnes morales", ont le devoir de participer à la vie du pays dans lequel elles sont installées, et doivent donc payer un impôt sur les revenus qu'elles génèrent, notamment parce qu'elles profitent des équipements et services mis en place par l'état.
Savoir ensuite si une baisse de l'impôt sur les sociétés est nécessaire est une autre question, inutile de tout mélanger.

Taxis, coiffeurs, notaires… nous aurions tout à gagner si ces professions étaient moins réglementées.

Euh... Peut être pour les coiffeurs, mais pour les taxis et notaires, rien n'est moins sur. En effet, les tarifs des taxis sont fixés par arrété prefectoral et ceux des notaires (pour ce qui concerne sa qualité d'officier public) sont fixés par l'état et sont reversés aux Trésor Public. Donc, simplement avoir plus de taxis ou plus de notaires ne fera pas baisser leurs tarifs, donc... cette affirmation est bête (pour ne pas dire autre chose)

Les niches fiscales sont des privilèges qu'il faudrait supprimer.


Dans la tête de beaucoup de monde, une niche fiscale c'est un cadeau aux riches. Il n'y a rien de plus faux. Une niche fiscale (appelée dépense fiscale en langage d'état), c'est un moyen qui permet de payer moins d'impôts lorsque certaines conditions sont réunies, et cela concerne tout le monde.
La Prime pour l'emploi, par exemple, qui ne concerne pas les "riches", est une niche fiscale. Donc, l'idée de supprimer TOUTES les niches fiscales est une aberration, puisqu'elles servent aussi, dans certains cas, à diminuer les impôts des moins riches et à la redistribution des richesses.
Avant de demander la suppression totale des niches, il faudrait savoir de quoi on parle... Il faut étudier les effets des dépenses fiscales sur l'économie et supprimer celles qui sont réellement des cadeaux à des gens qui n'ont pas besoin de réductions (voir ci-dessous).

L'impôt devrait être proportionnel aux revenus de chacun.

Ça, c'est un truc vraiment libéral. L'impôt proportionnel (appelé Flat Tax dans les pays anglo-saxons) est une imposition purement égalitaire ; tout le monde paye le même pourcentage de ses revenus en impôt. Il s'oppose à l'impôt progressif, qu'on peut résumer par "plus tu gagnes, plus tu payes", qui est utilisé dans la plupart des pays occidentaux, France et États-Unis inclus.
Imaginons deux célibataires qui gagnent respectivement 12.000€ (SMIC sur 12 mois) et 120.000€ par an (le second, c'est Jérome Kerviel...).
Avec un impôt proportionnel fixé à 25% (taux de la Lettonie), ils payeront respectivement 3.000 et 30.000€ d'impôt sur le revenu.
Avec un impôt progressif (taux France, calcul effectué sur le site impots.gouv.fr), l'impôt payé sera de 0 € pour le premier et de 31000 € pour le second.
L'impôt proportionnel que les libéraux tentent de nous vendre parait plus juste puisqu'il crée une réelle égalité devant l'impôt. Pourtant, dans ce cas, la différence se ressent sur les plus bas salaires, donc sur la majorité de la population. Sous couvert d'égalité de droit, on arriverait peut être à une inégalité de fait.

Il est à noter que plus les revenus sont importants plus la différence entre les deux impôts est notable. Par exemple, un gros revenu déclaré de 500.000 € payerait 125.000€ avec l'impôt proportionnel à 25% et 182.000€ en impôt progressif (Taux France 2008). Un impôt proportionnel priverait à la fois l'état et l'économie de revenus, que les investissements des plus riches ne compenseraient pas, compte tenu de la tendance qu'ils ont à épargner plutôt qu'à consommer. A l'inverse, les plus faibles revenus seraient encore plus en danger.

On peut aussi remarquer que, même en payant 182.000€ d'impôt sur le revenu, le célibataire qui gagnait 500.000€ garde 318.000€ pour lui, ce qui n'est pas si mal pour se nourrir, se loger et se vétir... alors que le smicard à 12.000, même en ne payant pas d'impôts, n'a que 12.000 € pour faire la même chose. Qui est donc le plus à plaindre aujourd'hui ?

Ceux qui le souhaitent devraient pouvoir travailler librement le dimanche.

Alors là, je suis entièrement d'accord. Mais il faut bien insister sur le "ceux qui le souhaitent"... Et nous savons tous qu'un salarié pourrait difficilement refuser à son employeur d'être "volontaire", sous peine de...

En fait, on est dans le cas typique d'une affirmation positive (la liberté de choix) qui cache une contrainte négative. L'idée n'est pas que les salariés qui le souhaitent puissent travailler le dimanche, puisque c'est déjà le cas dans les magasins qui ouvrent exceptionnellement le dimanche, mais bien d'autoriser TOUTES les entreprises à pouvoir ouvrir tous les dimanche.

Transformer le dimanche en journée comme les autres, c'est éliminer du même coup la justification d'une rémunération majorée. Il n'y aurait dans ce cas plus aucun intérêt pour les salariés à travailler le dimanche, alors que les contraintes resteront (par exemple celle des enfants, qui n'ont pas d'école le dimanche). Il faut donc que les autorisations de travail le dimanche reste l'exception.

Le code du travail doit être simplifié et les contrats négociés plus librement.

Code du travail simplifié, ça me parle
: actuellement, le dit code prévoit 41 types de contrats de travail différents (le dernier ayant été rajouté par le gouvernement Fillon), alors que 2 suffiraient largement. Le CDD et le CDI !
Quant à la libre négociation des contrats, elle existe déjà dans les faits et dans le droit. Lisez ceci par exemple ; il y a un tas d'éléments qui doivent figurer dans un contrat de travail, mais rien ne dit que le contenu de ces éléments n'est pas négociable.
Par exemple, le salaire ou la clause d'objectifs à réaliser sont des éléments aisément négociables entre les deux parties, et cela se pratique couramment. Alors, pourquoi vouloir pouvoir "négocier plus librement" ?

Parce que, en France, un employeur ne peut pas licencier sans motif valable sauf à se retrouver devant un conseil de prud'hommes peu après le licenciement.
Un code du travail simplifié et des contrats librement négociés (comme un contrat de vente, par exemple), supposerait que les licenciements ne seraient plus liés à un motif, mais à une volonté, celle de l'employeur. Des contrats qui ne relèveraient pas du droit du travail, comme c'est le cas aux États-Unis par exemple, pourraient être rompus du jour au lendemain, sans préavis ni indemnités autres que celle négociées auparavant.
Il va sans dire que cela supprimerait la totalité de la maigre protection dont les salariés disposent, notamment en matière de protection contre les discriminations ou le harcelement sexuel.

Les syndicats devraient défendre les salariés des PME autant que les fonctionnaires.

Salauds de syndicalistes qui ne défendent que ses fainéants de fonctionnaires en oubliant les salariés des PME qui se lèvent tôt... Vous comprenez le message ?

Il est important de savoir que, au 19e siècle, dans des pays comme les Etats-Unis ou l'Empire Britannique, les syndicats étaient interdits car ils représentaient une association illégale nuisible à la liberté du marché au même titre que les ententes entre les entreprises. Encore un exemple de ce qu'on peut faire comme dégats au nom de la "liberté".

Chacun doit pouvoir circuler et travailler librement dans toute l'Union Européenne.

Comme c'est déjà le cas aujourd'hui (avec des exceptions pour les plus récents pays adhérents), je me suis demandé pourquoi cette affirmation était là.
Et il faut noter que l'affirmation ne parle pas spécifiquement des ressortissants des pays de l'Union, mais bien de tout le monde. Une manière "correcte" de dire que les immigrants d'un pays (par exemple, la France) doivent pouvoir être relocalisés en Roumanie, si le besoin s'en fait sentir ? Ou de réclamer à mots couverts la possibilité de délocaliser dans l'Union des entreprises sans que personne et surtout pas les gouvernements, ne s'en mêle ?


Bon, nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui, sinon je risque de vous ennuyer. Rendez vous dans la deuxième partie de ce billet, dans lequel je détallerais mes réflexions sur les 10 dernières affirmations du test "Êtes-vous un libéral qui s'ignore ?".

par Didier B publié dans : Polémiquons à droite communauté : Les Blogs Sarkostique
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Mercredi 18 juin 2008
Comme je l'expliquais dans mon précédent billet sur une Europe fédérale, vouloir agir sur le bien être commun des européens pris dans leur ensemble ou, pour ce qui nous concerne, sur le bien être des français au sein de l'Europe n'est pas possible sans une prise de décision globale et unique. Dans le système actuel, cette décision peut intervenir mais il faut tenir compte de 27 avis différents alors qu'il ne faudrait qu'un seul avis.

Voyons pourquoi une fédération des états seraient utile et bénéfique à l'Europe et ses états :

Il ne peut pas y avoir d'Europe égalitaire sans union politique
, avec un état central aux larges compétences. Les états nationaux, ou les personnes vivant dans ces états ont vite un réflexe identitaire dès que quelque chose les menace ou fait mine de les menacer, comme on l'a vu dans l'exemple récent du vote irlandais sur le traité de Lisbonne. Ce qui pourrait avantager l'autre est forcement un désavantage pour eux, il faut donc le refuser. L'état central tiendrait compte de l'ensemble de l'Europe, alors que chacun des gouvernement des 27 ne tient compte que de ses propres intérêts.

Toutefois, il ne faut pas négliger l'importance des sentiments nationaux. Au contraire des 13 colonies anglaises d'Amérique du Nord en 1776, qui partageaient la même langue, la même culture et la même volonté de se séparer de leur métropole qui les négligeait,  les 27 pays membres de l'Union sont tous différents, par la langue, l'histoire, la religion, la culture. Aucun ne cherche à fuir un colonisateur et tous jouissent d'une pleine souveraineté. Certains ont été les pires amis, d'autres les meilleurs ennemis. Vouloir faire discuter et s'entendre 27 individus tous différents est extrêmement délicat.

Jusqu'à présent, l'Union Européenne à réussi à trouver le moyen de fonctionner en adoptant des solutions de compromis. Or, les compromis ne satisfont personne et créent souvent du ressentiment dans les populations et, parfois, dans la classe politique. En outre, L'Union Européenne n'étant, pour l'instant, qu'une union commerciale et financière d'inspiration libérale, elle ne peut ou ne veut pas s'intéresser à ce qui préoccupe vraiment les populations, comme le chômage, les salaires, la protection sociale. Son seul objectif est de rendre les entreprises européennes compétitives dans le monde, au détriment de l'humain. Un gouvernement fédéral aurait, par nature, une vision globale de l'Union, ce que ne peuvent ou ne veulent pas avoir les gouvernements nationaux.

La création d'une fédération européenne permettrait tout à la fois de doter l'Europe d'une seule voix, tant au niveau international qu'intra-communautaire et de permettre l'uniformisation des règles en matière sociale ou sociétale. L'élection par le peuple d'un gouvernement européen donnerait à celui-ci la légitimité nécessaire pour discuter avec les gouvernements nationaux et parfois les affronter et, en contrepartie, la structure fédérale permettrait à chaque état membre de conserver ses spécificités culturelle.

Par exemple, les états fédérés pourraient conserver leurs compétences dans le domaine de l'instruction/éducation jusqu'au second degré, l'apprentissage de la langue nationale étant une partie essentielle de la culture. Les compétences dans le domaine universitaire pourraient être partagées entre les états fédérés et l'état fédéral.
Les petits villages de France pourraient continuer à exister dans le découpage administratif sans que cela n'influe sur la politique de l'Union à l'égard de l'Iran ou de la Colombie.

Toutefois, si on veut pouvoir attribuer des compétences à l'Union dans des domaines comme la fiscalité, la défense, les affaires étrangères ou d'autres domaines, il est indispensable que les états membres abandonnent leurs prérogatives dans ces domaines (ou les partagent). De plus, pour que l'humain soit réintroduit dans le processus, il conviendrait que l'humain soit décisionnaire, par son vote, dans le choix de l'exécutif européen, comme il l'est dans le cas du législatif. Il conviendrait aussi de donner de vrais pouvoirs à l'exécutif et au législatif.

L'établissement d'un gouvernement fédéral ne garantissant nullement l'égalité de traitement entre différents états fédérés et leurs citoyens, il conviendrait aussi que les pouvoirs exécutifs et législatifs puissent se contrôler mutuellement, agissant comme contre-pouvoir l'un sur l'autre, afin d'éviter les abus de pouvoir. En outre, on peut imaginer que le pouvoir judiciaire prenne beaucoup plus d'importance qu'aujourd'hui dans nos systèmes de gouvernement, pour établir un troisième contre-pouvoir.

Tout ceci ne pourrait se faire que par l'établissement d'une Constitution Européenne, ce que n'étaient ni le traité de Rome de 2004 ni le "mini-traité" de Lisbonne de 2007. Ni l'un ni l'autre ne créaient d'état fédéral ni ne dotaient l'Union de prérogatives particulières. Ils n'étaient rien d'autre que la continuation de ce qui existait déjà auparavant, c'est à dire une union sans âme.

Avant de pouvoir mettre en place un gouvernement central pour l'Europe, il faudra avant tout demander aux peuples européens d'élire une assemblée constituante ou de donner des pouvoirs constituants au prochain parlement européen, pour ensuite faire approuver ce projet de Constitution par les peuples en question.
C'est d'une telle constitution dont je tacherais de vous parler dans le 3e billet de cette série.

par Didier B publié dans : Polémiquons en Europe communauté : Libre parole
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Mardi 17 juin 2008
N'étant pas concerné par la soi-disante loi sur le service minimum, je ne vous ai pas prévenus de mon intention de faire grève, ce mardi 17 Juin.

Pourtant, aucun billet digne de ce nom ne sera posté sur ce blog aujourd'hui, même si Nicolas Sarkozy décide d'envahir la république d'Irlande pour obliger ses habitants à voter OUI. Cette décision, mûrement réfléchie, à été prise en accord avec moi-même et en signe de solidarité avec tout ceux qui font grève et manifestent aujourd'hui.

Enfin, je ne ferais pas grève pour tout puisque j'ai un entretien de recrutement ce soir. Souhaitez moi bonne chance !
par Didier B publié dans : Finalement, on s'en fout... communauté : L'Avis des Eclectiques
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Lundi 16 juin 2008
Nicolas Sarkozy, tout comme il avait proposé de se rendre dans la jungle colombienne pour y sauver Ingrid Betancourt, vient de déclarer qu'il souhaitait se rendre en Irlande dès que possible pour y voir comment "surmonter cette difficulté".

Hier encore, il disait ou faisait dire que rien n'était fini, qu'il fallait poursuivre le processus de ratification partout. Le problème, c'est que le traité de Lisbonne ne peut pas s'appliquer si les 27 signataires ne le ratifient pas. C'est comme ça : il y a un con qui a oublié d'y faire figurer une clause d'application aux pays qui le signeraient. Mais bon...
Cette "difficulté" est donc ENORME. Il faut donc que les irlandais acceptent de revoter et surtout que ni les tchèques ni les britanniques, ni personne ne viennent à stopper la ratification dans son pays.

Mais le gouvernement irlandais a déjà fait savoir que revoter n'était pas une option. C'est pour cela que notre VRP national est allé discuter avec le président tchèque, un vilain libéral qui ne veut pas vraiment du traité de Lisbonne, pour le ramener à de justes sentiments et qu'il veut aussi aller en Irlande.
Connaissant les talents de diplomate de Sarkozy, nul doute que même Kouchner ferait un meilleur travail, mais bon...

Il serait peut être temps que Nicolas Sarkozy accepte le fait que le traité de Lisbonne n'est pas une bonne solution. Les libéraux n'en veulent pas car l'union économique leur suffit, comme dans le cas des tchèques et des britanniques. Les peuples n'en veulent pas parce qu'ils n'y sont pas invités et que l'Europe s'est construite et continue à se construire sans eux et à leurs dépends.
Il faut donc passer à autre chose et arrêter de gesticuler pour un projet qui n'en vaut pas la peine. Mais, bien sur, il ne faut pas négliger l'importance de l'échec du traité de Lisbonne sur Sarkozy, qui s'est affirmé comme son inspirateur. Mettre le traité au panier, c'est porter atteinte à son orgueil personnel et à son bilan politique...

Et ça, visiblement, il ne peut pas le tolérer, à 2 semaines du début de ce qu'il appelle SA présidence de l'Union, oubliant au passage que c'est la France qui assure la présidence et pas lui...
par Didier B publié dans : Polémiquons en Europe communauté : Communauté de l'opposition
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