L’interdiction de fumer dans les lieux publics, ça
marche. Selon l’INVS (Institut National de la Veille Sanitaire), cité par de nombreux journaux, la mesure à déjà permis une diminution du nombre d’infarctus de 15%. Plus exactement, c’est le
nombre d’admissions aux urgences pour infarctus qui a baissé.
Pour les heures supplémentaires détaxées, c’est pareil, ça marche ! Nicolas Sarkozy affirmait même que ça marchait « du feu de dieu », dans le
Parisien du 26 février. Christine Lagarde n’en finit plus d’être fière des 37% d’entreprises qui ont utilisées les heures supplémentaires détaxées au 4e trimestre 2007. Nicolas
Sarkozy, très fier lui aussi, s’en vantait encore pendant son déplacement chez Vuitton.
Pierre Desproges disait que le cancer était une maladie provoquée par les cancérologues. Encore un petit effort, et ce sont les enquéteurs qui le guériront.
A peine deux mois après l’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, on veut nous faire croire qu’on a déjà des indicateurs positifs. Bon, il faut dire que
l’Italie vient de publier un rapport du même genre, cela a du provoquer des jalousies. Mais l’interdiction de fumer dans les lieux publics existe depuis 2005 au pays de
Berlusconi, ils ont eu le temps d’étudier tout ça.
Et puis, rien ne dit que les gens qui font un infarctus ont envie de venir mourir à l’hôpital, ils peuvent souhaiter rester chez eux…
Pour les heures supplémentaires, on n'est pas dans le même raisonnement : on n'invente pas de chiffres, on cherche à faire dire des choses aux chiffres disponibles alors qu’on ne
peut pas.
Par exemple, personne ne peut dire combien de salariés ont bénéficié de la détaxation car les entreprises font des déclarations globales. Donc, pas moyen de vanter une hausse réelle du pouvoir
d’achat, c’est bête ! Alors, on se contente des 37% d’entreprises (ce qui est plutôt bas de toute façon).
Ce qui est sur en revanche, c’est que la durée hebdomadaire du travail est restée stable à 35,6 heures/semaine sur le 4e trimestre 2007, comme avant l’application de la loi. Un
effet d’aubaine, c’est comme ça que ça s’appelle ; les heures supplémentaires existaient avant, elles ont continué à exister après, ce n’est pas la loi TEPA qui les a fait
naître !
Juste pour rire : d’après l’ACOSS (qui publie les chiffres sur les heures supplémentaires), rapportées à l’ensemble des salariés français les 144 millions d’heures supplémentaires du
4e trimestre représentent 8 heures par salarié par trimestre.
Compte tenu des exonérations, c’est un peu plus de 22 euros que chaque salarié aurait gagnés en pouvoir d’achat supplémentaire … en trois mois. Nicolas
Sarkozy a bien raison : ça marche !
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par Didier B
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« 60 Millions de Consommateurs » a réussi à
faire bouger le gouvernement, et nous pouvons tirer un coup de chapeau au magazine.
Parce qu’il faut être clair, dans le domaine du pouvoir d’achat et en dehors des exonérations de charges sur les heures supplémentaires (dont personne ne sait si cela fonctionne), rien n’avait
été fait. Il s’agit pourtant d’un des piliers de la campagne de Nicolas Sarkozy : « Je serais le président du pouvoir
d’achat ! »
Le gouvernement, François Fillon en tête, a donc décidé de lutter contre les hausses de prix « abusives » sur les produits alimentaires en annonçant 3
mesures.
D’ici au 10 mars, l’Observatoire des prix et des marges, créé en novembre 2007, devra rendre un rapport après « vérification des prix réels des produits
alimentaires ». Ca c’est de la mesure ; pour répondre à une enquête, on organise une autre enquête.
D’un autre coté, cela permettra à « l’Observatoire » de servir à quelque chose. Ce machin dont plus personne ne se souvenait de l’existence, avait été crée après une réunion
entre Nicolas Sarkozy et la grande distribution, pour montrer à quel point on se souciait du pouvoir d’achat des français… On sait ce qu’il en est !
Dans le même temps, le petit personnel de Christine Lagarde devra mener des « opérations coup de poing » chez les vilains distributeurs. Pas d’affolement, ce
n’est pas ça qui fera baisser les prix, les fonctionnaires du ministère des finances étant envoyés au front pour faire des relevés de prix et de marges… Encore une enquête ?
Et, troisième mesure, une loi. Au printemps, François Fillon promet que la loi de modernisation de l’économie comportera « un volet ambitieux » sur le pouvoir
d’achat.
Français, françaises, Réjouissez vous, car on va créer une nouvelle commission ! Plus exactement, c’est une « Haute autorité de la Concurrence » qui verra le jour grâce à
cette super loi, et ce machin nous expliquera sûrement comment nous passer des aliments que nous ne pouvons plus acheter. Enfin, si on en entend encore parler six mois après sa création, regardez
l’exemple de « l’Observatoire des prix et des marges »…
Bon, à la décharge du gouvernement, l’enquête de « 60 Millions » est à prendre avec précaution. Elle ne s’est déroulée que sur 5 sites de vente en ligne et son seul objectif était
d’alerter à l’aide d’exemples précis. Et il y en a eu !
Pour un gouvernement si concerné par le pouvoir d’achat des français, François Fillon et ses acolytes ont été bien légers. Ils ont été tellement surpris qu’on pourrait croire
qu’ils pensaient avoir déjà tout résolu, et que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou alors, défendre Nicolas Sarkozy contre son « lynchage
médiatique » les a trop occupés pour qu’ils s’intéressent à quelque chose d’aussi futile.
C’est vrai, le pouvoir d’achat est futile. Tout comme l’argent, qui ne rend pas heureux. Soyez heureux, les pauvres, et allez donc travailler plus pour pouvoir acheter moins.
A lire : Liberation - Site du Premier Ministre
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par Didier B
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Rien ne va plus entre Nicolas
Sarkozy et son amie Angela Merkel, chancelière fédérale d’Allemagne. Le sommet franco-allemand qui devait avoir lieu le 3 mars en Bavière vient
d’être reporté, en raison « du calendrier chargé » de Nicolas Sarkozy.
Ce calendrier chargé, en langage diplomatique, signifie que notre hyperprésident et la chancelière n’ont plus d’atomes crochus. Mais pourquoi ?
Il y a d’abord le problème posé par l’Union Méditerranéenne. Tel qu’imaginé par Henri Guaino, un des conseillers de Nicolas Sarkozy, le projet exclu les pays de
l’Union Européenne non riverains de la Méditerranée, dont l’Allemagne. Or, pour une question de gestion des flux migratoires, nos voisins d’outre Rhin, soutenus par la Pologne,
n’entendent pas se laisser évincer.
On peut aussi parler de cette manie qu’a Nicolas Sarkozy de se vanter d’être le sauveur de l’Europe et l’auteur du Traité de Lisbonne, ce qui a pour effet d’irriter au plus haut
point Angela Merkel, sans qui ce traité n’aurait pas vu le jour.
La fusion Areva – Alsthom (dont Bouygues est actionnaire à 30%), le bébé de Nicolas Sarkozy, a aussi le don d’énerver la chancelière. Le président et Alsthom souhaiterais voir partir l’allemand
Siemens, actionnaire à 34% d’Areva, mais, outre le coût d’un tel départ du capital d’Areva (2 milliards d’euros), Angela Merkel ne souhaite pas voir s’en aller ce savoir-faire alors qu’elle veut
relancer le nucléaire dans son pays. (Lisez cet article sur bakchich.info)
Le problème est donc réel pour Nicolas Sarkozy, la présidence française de l’UE approchant. Les projets qu’il compte présenter aux 27 ne pourront se faire que si
l’Allemagne les soutient et il a besoin d’un succès dans ce domaine pour faire passer la pilule de la ratification aux français.
Aucune rencontre officielle n’étant prévue avant le 9 juin 2008, la présidence française de l’Union pourrait avoir du plomb dans l’aile.
Nicolas Sarkozy applique apparemment les mêmes méthode en Europe qu'en France, en se fachant avec tout le monde ! Il faudrait rappeler Cécilia, elle semblait avoir un certain
talent pour régler les situations difficiles et ce n'est pas au talent de Bernard Kouchner qu'on devra un rechauffement des relations.
Heureusement pour nous, Angela Merkel est membre d’un parti de droite libérale comme Nicolas Sarkozy, sinon on aurait pu craindre des hostilités plus sérieuses.
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par Didier B
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Depuis un mois, vous êtes quelques uns à venir sur ce blog pour y lire ma prose. N’ayant pas d’échos négatifs (pas trop du moins), j’imagine que vous pourriez avoir envie de revenir.
Pour vous simplifier le voyage, je mets en service aujourd’hui la fonction de Newsletter (en espérant qu'elle fonctionne correctement). Cette fonction vous offre deux
avantages : être prévenus par mail dès qu’un nouvel article est publié et recevoir, de temps en temps, une Newsletter spéciale (pour un événement extraordinaire ou une
destitution par exemple).
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Vous pouvez aussi me contacter, si l’envie vous en prend, grâce à la boite « Contactez moi ». Je réponds à tous les mails, sauf les mails d’insulte et les
demandes en mariage.
Merci de votre visite et à bientôt.
par Didier B
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Nicolas Sarkozy nous a offert une
présidence moderne et transparente.
Selon lui, pour retrouver la place qu’elle méritait, la France devait oublier ses vieilles traditions empesées. Il fallait agir, agir vite et non plus attendre, quitte à bousculer au passage les
institutions. Le Président lui-même devait vivre avec son temps, et montrer ce qu’il faisait aux français.
Dès après l’élection, modernité et transparence ont envahis notre espace sonore et visuel. Pas un seul jour ne se passait sans que nous apprenions ou était Nicolas Sarkozy, ce
qu’il avait fait ou ce qu’il avait dit. Bousculant les traditions, le Président avait enfilé le costume de premier ministre et celui de ministre, reléguant au second plan les 33 membres du
gouvernement et les 577 députés.
Il n’existait plus aucun tabou, tout était assumé. Augmentation de salaire pharaonique, vacances, divorce, liaison et remariage, tout se savait au nom de la transparence.
Mais trop de transparence a fini par lasser les français qui, même s’ils sont friands de ragots et potins, n’imaginaient pas que les ors de la République seraient remplacés par les paillettes de
chez Régine. Et la cote de popularité de Nicolas Sarkozy a plongé, les français ne se reconnaissant plus dans ce jet-setteur.
Tentant sûrement de reprendre la main, et au nom de la modernité, le président est sorti de son rôle d’arbitre et de garant de la Constitution. Faisant passer ses convictions personnelles au
premier plan et dans un registre purement émotionnel, Nicolas Sarkozy a déclenché de nombreuses polémiques sur la laïcité, la shoah ou la loi sur la rétention de sûreté.
Ce faisant, il a provoqué des réactions politiques et populaires, de droite comme de gauche, notamment l’appel pour la vigilance républicaine publié par Marianne et relayé par une pétition
disponible sur Internet. Semblant loin du climat empoisonné, les proches conseillers du président multiplient les déclarations hasardeuses, notamment Emmanuelle Mignon et son
envolée sur les sectes.
François Fillon, qui retrouve la parole qu’il n’avait plus depuis 9 mois, certains ministres et les porte-parole de l’UMP rajoutent a la confusion en évoquant « un lynchage
médiatique », une « chasse au président de la république » du « fascisme » ou des « procédés staliniens ».
La majorité de Nicolas Sarkozy se lézarde, certains de ces partisans, comme Edouard Balladur ou Jean-Pierre Raffarin, n’hésitant pas à lui demander de
« s’assagir ».
L’incident du Salon de l’Agriculture et les réactions qu’il déclenche sont symptomatiques d’une présidence qui a atteint les limites de la transparence et de la modernité, même si c’est encore à
la modernité que Michel Barnier en appelle pour justifier l’insulte de Nicolas Sarkozy envers un badaud. (Sic)
C’est pourtant bien cette modernité et cette transparence que la droite et l’UMP ne veulent plus assumer, critiquant les nouveaux moyens de communication, Internet et les webcams
au nom d’un président qui, s’il est moderne et transparent, est aussi de plus en plus impopulaire.
A lire : L'Express - Le Monde
par Didier B
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